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Les agitations puériles de certaines ODDH frisent le ridicule

Dialogue intertogolais : Eviter l’appropriation politique à outrance du débat

Il a été donné de constater une certaine accointance des Organisations de Défense des Droits de l’Homme (ODDH) avec les partis politiques, que ce soit le pouvoir ou l’opposition, dont elles se font volontiers le relais et reprennent subtilement les slogans propagandistes. On a surpris, à maintes reprises, des responsables d’associations de défense des droits de l’homme livrer sur les médias une guerre sans merci aux dirigeants togolais taxés à tort ou à raison de chantres de la violation des droits de l’homme sans qu’aucune preuve concrète ne soit apportée pour justifier ces allégations.

Sous d’autres cieux, ce sont les associations de défense des droits de l’homme qui se font le porte-voix des sans-voix et concourent, à l’instar des associations syndicales, au respect des libertés individuelles. Au Togo, à quoi assistons-nous ?

Les associations censées défendre les causes justes ne lésinent sur aucun moyen lorsqu’il s’agit de fustiger avec véhémence les cas d’arrestations et de détentions arbitraires, de tortures, de gardes à vue prolongées, des crimes économiques etc. dans un contexte politique. Le comble c’est que ces associations versent systématiquement dans la récupération politique des faits en s’en prenant, à chaque fois, au Chef de l’Etat ou au Gouvernement au lieu d’apporter des éléments susceptibles de remettre en cause ou d’infirmer la culpabilité des « victimes » dont elles défendent la cause.

De par le passé, et surtout après l’enclenchement du processus démocratique en 1990, plusieurs actions ont été menées par les organisations de la société civile pour dénoncer les pratiques liberticides. Mais, là où le bât blesse, c’est lorsque les associations de défense des droits de l’homme ont toujours le coupable désigné dans le camp du pouvoir et refusent obstinément de parler des violations des droits de l’homme faites par les responsables des partis de l’opposition ou leurs militants déchaînés pendant les manifestations organisées ou spontanées. Cette façon manichéenne de procéder a, pendant longtemps, empêché la manifestation de la vérité suite aux violences post-électorales et aux manifestations politiques violentes qu’a connues notre pays depuis le régime d’EYADEMA jusqu’à l’arrivée au pouvoir de son fils.

En tout état de cause, tout se passe au Togo comme si l’action des associations de défense des droits de l’homme se politise de plus en plus au détriment du bien-être, du plein épanouissement et du bonheur du citoyen togolais investi des droits et des devoirs.

Le cas du Collectif « Sauvons le Togo », un regroupement fait de bric et de broc est encore vivace dans les mémoires. En effet, on se rappelle que suite à une série de manifestations de rue prévue sur trois jours au Carrefour Deckon à Lomé les 12, 13 et 14 juin 2012, des responsables de ce collectif à savoir le Coordinateur, Me Zeus AJAVON, le président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), Me Raphael Kpandé ADZARE et l’ex-président de l’ACAT –TOGO, Me Jil-Benoit AFANGBEDJI, ont été interpellés le 16 juin 2012 par la Gendarmerie nationale togolaise où se trouvaient déjà 53  personnes arrêtées. Il s’agissait, pour le premier Substitut du Procureur de la Republique, de situer les responsabilités dans les actes de vandalisme survenus au cours de la manifestation.

A l’époque, le Collectif « SAUVONS le TOGO » avait organisé cette marche suivie de sit-in, pour exiger entre autres, la mise en œuvre des recommandations de l’Accord Politique Global (APG), de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), le retour au Parlement des députés de l’UFC pro-Fabre exclus et le rétablissement de la Constitution de 1992. Bref, des revendications purement politiques…

On assiste aujourd’hui au même scénario avec les responsables du Front Citoyen Togo Debout qui (FCTD) servent systématiquement de béquilles à la Coalition des 14 partis de l’opposition (C14). A preuve, la hargne et la voracité avec lesquelles ces pseudo défenseurs des Droits de l’Homme se sont accaparés de la situation d’instabilité engendrée par les manifestations du Parti National Panafricain (PNP) le 19 août 2017, ne laissent aucun doute sur la connivence entre le FCTD et la C14.

Jusqu’à cette date devenue un repère, tous les acteurs (politique et société civile) étaient conscients de la nécessité des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Tous savaient que si les lignes ne bougeaient pas, c’était surtout à cause de la finalité mesquine poursuivie et l’interprétation que chaque camp se fait de la mise en œuvre de ces réformes en l’occurrence l’application rétroactive de la loi.

Ainsi, suite à la création de la Coalition des 14 partis de l’opposition qui a remis au goût du jour le feuilleton des manifestations populaires hebdomadaires, on a assisté à la descente dans l’arène politique des associations de défense de droits de l’homme qui s’époumonent dans le dossier du dialogue politique dont le sort sera scellé le 31 juillet prochain par la Conférence des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEDEAO.

Mais en attendant d’en arriver là, qu’il nous soit permis de relever le fait que lorsque des organisations de la société civile manifestent ou prennent d’emblée fait et cause pour les partis politiques sur un terrain purement politique, il y a problème parce qu’il y a amalgame.

Nous n’allons pas revenir sur les jérémiades et les bourdes récurrentes du FCTD, un regroupement d’organisations de défense de droits de l’homme qui pousse l’outrecuidance jusqu’à exiger sans aucune raison valable l’ouverture d’une période transitoire politique, à l’issue du Sommet de la CEDEAO en perspective. Toutefois, au cours du cheminement tumultueux de ce front effronté, deux faits ont attiré notre attention ces derniers temps.

De quoi s’agit-il ? Les propositions à sens unique de sortie de crise du Front Citoyen Togo Debout contenues dans un mémorandum concocté à la va-vite qui engageraient la CEDEAO, ont été transmises à la C14 et à la CEDEAO à coup de show médiatique. Une certaine presse en a même fait son chou gras pendant un laps de temps. Mais curieusement, l’Union pour la République (UNIR) et le Gouvernement, tous deux acteurs clé et partie prenante au dialogue à la résolution de la situation politique, n’ont pas été les récipiendaires dudit document trophée. Autant comprendre que l’objet des propositions du mémorandum du FCTD n’engagent pas ces deux camps sus-cités. Cette démarche apparaît comme une vision irréaliste et erronée de la part des responsables de regroupement dont les responsables s’époumonent pourtant à dire que le Chef de l’Etat est le nœud du problème togolais.

 Autre fait qui témoigne de la légèreté de la démarche entreprise par le Front Citoyen Togo Debout. En effet, sous la signature de son coordonnateur, le Prof. David DOSSEH, le FCTD a, dans une correspondance en date du 15 juillet, interpellé les deux facilitateurs du dialogue intertogolais, les présidents Alpha CONDE de la Guinée et Nana AKUFO-ADDO du Ghana. Cette lettre fait part de l’interdiction par la Délégation Spéciale de la ville de Lomé d’un meeting que le front comptait organiser. On y relève nommément des incohérences surtout lorsqu’il est écrit que « Cette attitude des autorités togolaise dénote de leur volonté réelle et renouvelée d’étouffer toute velléité d’expression populaire, alors que la liberté de manifestation est garantie par la Constitution togolaise du 14 octobre 1992 en son article 30 et par bien d’autres instruments et mécanismes internationaux de protection de droits auxquels le Togo a adhéré. » et plus loin « Si les autorités togolaises rechignent à satisfaire aux simples mesures d’apaisement et de confiance pour décrisper l’atmosphère socio-politique, il est à craindre quant à leur bonne foi à opérer les réformes de fond. ».

Qu’est-ce qui peut bien justifier cette propension du FCTD à vouloir faire feu de tout bois alors que le motif de refus a été bel et bien explicité noir sur blanc à ses responsables ?

En quoi l’interdiction pour des raisons purement sécuritaires d’un meeting d’informations organisé par un regroupement d’ODDH vient-elle remettre en cause la mise en œuvre des réformes politiques ? Qui plus est, le front « Togo Debout » n’a exigé aucune mesure d’apaisement du pouvoir à ce que l’on sache. Serait-il en train de se substituer à la C14 ? La question mérite d’être posée.

Cette manière de mélanger les torchons et les serviettes frise le ridicule, sème la confusion dans l’opinion et ne laisse aucun doute sur la capacité de récupération des faits à des fins politiques dans laquelle excellent brillamment certains responsables de la coalition de l’opposition.

En tout état de cause, les associations de la société civile notamment le front « Togo Debout » et Cie ont mieux à faire que de se livrer à une interprétation sélective de la loi fondamentale ou encore de prédire l’issue d’un dialogue politique dont l’épilogue sera connu sous peu.

Les sorties intempestives et le traitement à la carte des cas de violation des libertés individuelles au Togo par les associations de défense des droits de l’homme frisent une manipulation et une instrumentalisation qui consacrent la politisation à outrance des ODDH au Togo. Une telle situation doit interpeller les Autorités togolaises qui doivent remettre la pendule à l’heure pendant qu’il est encore temps.

Julles

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