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Après les marches de protestation, place aux journées « Togo mort »

Le comble de la démagogie : La coalition en mal de stratégie politique

Pour la énième fois depuis le début du dialogue politique intertogolais, une série de manifestations annoncée par la coalition des 14 partis de l’opposition et devant aboutir à des meetings, n’ont pas pu se tenir les 06, 07 et 09 juin derniers. Et pour cause, les organisateurs desdites marches et le Gouvernement n’arrivent pas à s’accorder sur l’itinéraire prévu.

Il est difficile de cerner pour l’heure, les raisons pour lesquelles la coalition se complaît dans une démagogie béate, mais toujours est-il qu’après les mesures prises par le Gouvernement pour empêcher la Coalition de se comporter à sa guise, les responsables de la coalition n’ont pas trouvé mieux que d’inviter les populations à une journée Togo mort le 18 juin prochain.

Les revendications principales restent, en passant, les mêmes notamment le retour à la constitution de 1992, la révision du cadre électoral avec droit de vote à la diaspora. Seulement voilà, il se trouve que loin de ce que les responsables de la coalition allèguent à leurs militants, plusieurs choses ont été faites par le parti au pouvoir pour mettre un terme à la tension qui prévaut au sein de la classe politique. C’est parce que l’opposition a mis la barre trop haut en posant des exigences déraisonnables qu’il lui est à présent difficile de revenir en arrière au risque de perdre sa crédibilité.

C’est devenu presque une tradition de voir une certaine opposition faire descendre dans la rue, des populations acquises à leur cause en vue de manifester contre le régime en place à propos des réformes politiques et d’autres préoccupations qui varient selon l’humeur du chef de file de l’opposition. C’est ainsi que successivement, on a assisté dans notre pays à des marches hebdomadaires de protestation en vue d’arracher le pouvoir au Président Faure GNASSINGBE, de réclamer la mise en liberté des détenus ou la libération d’un condamné. En vain.

Cependant, il a été donné de constater que malgré la tenue de ces manifestations dans les conditions que nous savons tous, la situation incriminée n’a pour autant pas changé. D’où la question de savoir ce que l’opposition gagne réellement à réitérer inlassablement les mêmes méthodes dérisoires. De nombreux observateurs sont d’avis que cela relève d’une stratégie politique dont la finalité est de se maintenir sur la scène politique contre vents et marées. En d’autres termes, l’opposition s’accroche désespérément à l’alibi des réformes pour crétiniser les masses populaires et rester visible sur la scène politique. Le tout est de savoir jusqu’à quand va durer cette mascarade.

S’il faut saluer le bien fondé de certains points de revendication de cette frange de l’opposition parce que réels, il ne faut pas non plus perdre de vue le fait que leur approche a toujours été viciée. En effet, les réalités dont font cas l’opposition au cours de leurs meetings, n’échappent pas au Gouvernement et le parti au pouvoir qui s’emploient autant que faire se peut, à arrêter l’hémorragie ou du moins, à limiter les dégâts.

Au sujet de la bonne gouvernance sur lequel certains responsables de l’opposition reviennent sans arrêt pour décocher des flèches empoisonnées aux autorités taxées à tort ou à raison d’oligarchie, les efforts entrepris au sommet de l’Etat sont connus des Togolais et des partenaires au développement du pays. Des mesures d’assainissement en vigueur dans l’administration et dans les institutions étatiques pour ce qui est de la gestion des ressources financières, ont été traduites dans les faits. N’en témoignent que le redressement fiscal dans certaines institutions bancaires, les limogeages tous azimuts des ministres et autres directeurs de société qu’on croyait autrefois indéboulonnables pour les remplacer par des personnes plus indiquées. La modernisation de la Justice poursuit son bonhomme de chemin. Quant à la lutte contre la pauvreté, nous laissons le soin à des voix plus autorisées pour relever les différents programmes initiés par le ministère du développement à la base et de l’agriculture, pour ne citer que ceux-là, qui sont une illustration palpable. Certes, tous ces efforts paraissent insuffisants au regard des attentes à combler mais l’honnêteté morale nous oblige à reconnaître que les jalons ont été posés et que contrairement à ce que l’opposition tente vainement de faire croire, Faure GNASSINGBE n’est jamais resté indifférent face à la misère des populations togolaises. Il suffit de se référer à son discours de vœux à la nation en début d’année pour le comprendre.

Si donc, malgré tous ces efforts, la situation délétère semble perdurer, c’est que véritablement, sur ce point, le Togo revient de loin et le régime au pouvoir ne peut pas faire des miracles en un temps record. La mal s’est trop profondément enraciné pour être éradiqué d’un seul coup comme par une baguette magique. A cela s’ajoutent des pesanteurs que le Chef de l’Etat ne peut pas entièrement cerner. En effet, il est connu qu’une entreprise humaine est menée à bien et à terme en fonction de la personne à qui elle a été confiée. Sur ce plan, tout est question d’expérience, de volonté, de détermination, bref des qualités qui varient d’une personnalité à une autre.

L’instauration de la bonne gouvernance dans un pays comme le nôtre marqué par des décennies de tyrannie doit être conçue comme une œuvre de longue haleine et de constante vigilance dont les résultats ne seront ressentis  que dans une certaine durée. En clair, nul ne saurait exiger ou s’attendre du jour au lendemain à un quelconque résultat consistant des reformes et des projets initiés çà et là par le Gouvernement. Il faut donc du temps pour apprécier véritablement ce qui se fait.

Là où le bât blesse, c’est lorsqu’on considère que des responsables de l’opposition font croire à une population majoritairement inculte politiquement que ces problèmes peuvent être réglés à coup de marches de protestation et de meetings de sensibilisation qui sont plutôt synonymes de campagnes d’intoxication.

Pour ce faire, la trouvaille bêtise pour appâter les déçus et les aigris est de les inviter « à rester mobilisés et déterminés en vue de sortir, une fois pour toutes, notre pays de la crise politique, économique et sociale dans laquelle elle est plongée depuis plusieurs décennies ».

Pour notre part, nous pensons que si ces propos démagogiques et hautement populistes suffisaient à elles seules pour venir à bout des dirigeants, les révolutions interminables seraient la voie indiquée pour permettre aux peuples de s’exprimer et ce, au détriment de la voie royale des urnes.

Le plus marrant au cours des fameux meetings de sensibilisation, c’est qu’aucun intervenant ne laisse entendre comment l’opposition prévoit régler le problème du chômage, de l’habitat, comment viabiliser le système éducatif, le système sanitaire que tout le monde trouve médiocre et comment faire décoller l’industrie togolaise etc.

Par contre, un aspect préoccupant que nous avons relevé au cours de ces meetings de la coalition des 14 partis, c’est que les responsables et chefs de partis se donnent des accents convaincants pour maintenir les populations mobilisées en vue de faire partir du pouvoir le Président Faure GNASSINBE à coup des marches hebdomadaires de protestation. C’est du non sens et de la contradiction pure de la part de ces chefs de partis politiques qui s’arrogent le titre de démocrates.

Nous ne le dirons jamais assez. A force d’user et d’en abuser, les marches de protestation et les meetings de sensibilisation initiées par cette frange de l’opposition sont devenus aux yeux des observateurs internationaux une curiosité politique togolaise qui n’obéit à aucun principe politique universellement reconnu.

A cause de leurs ambitions politiques démesurées, les opposants friands des manifestations populaires inventent toutes sortes de subterfuges pour éviter de discuter des sujets d’intérêt commun avec leurs adversaires politiques. Paradoxalement, ils  se trouvent confrontés, dans le même temps, à un manque cruel de moyens pouvant les aider à remporter une quelconque élection.

En tout état de cause, lorsqu’un assoiffé du pouvoir n’est pas foutu de côtoyer son adversaire dans un cadre sérieux et serein en vue d’apporter sa pierre à l’édification de la nation, lorsqu’il ne dispose pas non plus des moyens de gagner à la régulière la moindre élection, il est condamné à susciter indéfiniment des espoirs déçus aux populations. Avec au rendez-vous la lassitude et la versatilité des peuples

Julles

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