Nation

Attention à la poudrière ethnique aux relents islamistes

Togo : Débat politique redondant : L’opposition au pied du mur : Tout change pour que rien ne change

L’ethnicisme est un sujet tabou au Togo, même si tout le monde sait que le phénomène fait partie de nos réalités de tous les jours.

On ne peut pas, par exemple, nier que nos frères Kabyè sont majoritaires dans l’armée, les forces de sécurité, dans l’administration publique et autres sociétés d’Etat. C’est une évidence.

On ne peut pas occulter ces faits qui font partie intégrante de notre société et qui sont liés à notre histoire et à son évolution.

Mais, ce qu’il faut retenir et qui est l’essentiel, c’est que nos frères Kabyè sont des Togolais au même titre tous les autres Togolais. Ils n’ont commis aucune faute en se trouvant dans cette position dominante, à ne pas confondre avec une posture. Certes, c’est aberrant qu’une seule ethnie soit privilégiée par rapport aux autres. Cependant, nous ne devons pas incriminer nos frères Kabyè. Nous devons mettre un peu de bémol parce que c’est dans l’ordre des choses. Ce qu’il faut faire, c’est que nos dirigeants doivent s’atteler dès à présent à la tâche de rééquilibrage pour un meilleur futur. Autrement, ce qui apparait aujourd’hui comme un décor déjà observé un peu partout en Afrique, peut se révéler, à terme, une véritable poudrière ethnique avec des conséquences désastreuses.

Le Togo est notre patrimoine commun. Nous devons bannir de notre lutte pour plus d’espace de liberté et de justice c’est-à-dire pour la démocratie, toutes propensions à la violence, à la haine tribale et à l’intolérance. Il en va de notre salut à tous.

Ceci dit, il convient d’apporter un peu de lumière pour éclairer les lanternes.

Depuis de nombreuses années, nous avons mis l’accent sur la nécessité pour l’opposition politique au Togo d’innover et de sortir des sentiers battus. Et nous avons indiqué que pour arriver à faire un saut qualitatif, il faut une sorte d’autocritique qui consiste à dresser le bilan du combat mené de 1990 à ce jour. Cet exercice permettra, à coup sûr, de tirer les leçons du passé et de repartir sur de bons pieds pour que le processus démocratique en cours soit couronné de succès et que l’alternance apaisée devienne réalité.

Malheureusement, les responsables des partis politiques s’obstinent à rejeter toute remise en cause de leurs actes antérieurs. Résultat, nous tournons en rond et la vie politique s’enlise autour des mêmes sujets notamment la dynastie des GNASSINGBE, les 50 ans de dictature etc. C’est pourquoi, le débat politique redondant a fini par conduire à l’impasse. Et l’impasse a créé un vide qu’un certain Tikpi ATCHADAM, un célèbre inconnu, cherche à combler par des méthodes peu orthodoxes parce que la nature a horreur du vide.

Ainsi, il a voulu substituer le 19 août 2017 au 05 octobre 1990 comme si depuis cette date repère, il n’y a jamais eu de foule plus importante pour manifester au Togo. Dans sa démarche, il cherche à imposer le 19 août 2017 comme un nouveau départ de la révolution togolaise parce celle-ci s’est entre-temps essoufflée et s’est estompée faute de vision éclairée de la part des figures de proue.

En organisant en sous-main depuis l’extérieur (RFA) la violence avec le soutien aveugle des compatriotes membres de son ethnie (Tem), Tikpi ATCHADAM, symbole d’une ambition qui tue, a cru son heure de gloire arrivée.

Il reste que le petit démon kotokoli n’a pas le courage de ses ambitions puisque dès la moindre alerte, il a détalé comme un lapin sous prétexte que sa sécurité est menacée. Oui, sa sécurité est menacée alors que d’autres sont prêts à se faire tuer pour lui ou à se faire emprisonner pour ses blablablas. Il est un irresponsable parce qu’il a abandonné ses troupes.

Tikpi ATCHADAM doit comprendre que lorsqu’on fait l’apologie de la haine et de la violence, l’effet boomerang est immédiatement au rendez-vous.

Nous lisons tout ce qui se fait et se dit sur les réseaux sociaux : les appels au soulèvement populaire, les injures et dénigrements, même envers la maman du Chef de l’Etat sont des provocations indécentes. La désinformation érigée en règle ne relève pas du hasard. Tout est planifié. La simultanéité ne doit jamais être confondue à la spontanéité en politique.

Ici, nous sommes en présence d’une organisation politique démoniaque qui vise à déstabiliser et à remettre en cause la paix dans notre pays. On a voulu faire verser une fois de plus le sang des Togolais et quand cet objectif monstrueux est atteint, on crie haro sur le baudet et on pointe du doigt Faure GNASSINGBE qui a commis le crime d’être le fils de son père. Il n’y a qu’au Togo où on parle de délit de filiation. Cette façon de faire la politique en fondant toute l’argumentation sur une seule cible, s’appelle la personnalisation du cheminement politique. C’est vicieux. Et c’est cette approche qui rend redondant le débat politique au Togo.

En mettant sa stratégie d’intimidation et de démagogie en marche, Tikpi ATCHADAM a manœuvré avec finesse en appelant à la rescousse, au moment où ça chauffe, Jean-Pierre FABRE, le professionnel du refus qui, pour une fois, a répondu à l’appel parce que ce dernier voit dans cette main tendue de celui qui lui porte désormais ombrage, une occasion inespérée de récupération politique.

Dans ce jeu malsain, il faut se demander qui trompe qui ? Puisque, pour ATCHADAM, il visait tout simplement le ralliement de FABRE à sa cause pour le supplanter.

La conséquence immédiate de ce jeu de poker menteur, c’est que l’opposition se prend au piège de « tout change pour que rien ne change » à cause de la duplicité des responsables des partis qui la composent.

Il est temps, vraiment grand temps pour les chefs de partis politiques de l’opposition de repousser leurs propres limites pour explorer une dimension plus patriotique plus vaste et plus réaliste. C’est bien les invectives, les dénonciations acrimonieuses, mais c’est mieux les programmes d’avenir et la pédagogie. Car, le combat politique ne se résume pas uniquement à la rue. Il faut aussi passer aux concertations sans ultimatum préalable comme ce fut le cas jusqu’à présent.

Ressasser, à tout bout de champ, le fait que Faure ait succédé à son père et que nous sommes dans une dynastie, est réducteur d’autant plus que les pages de l’histoire de notre pays ont été aussi écrites par d’autres figures célèbres et nous pouvons parier que le prochain Président du Togo ne sera pas un GNASSINGBE.

Ceux qui veulent prendre le pouvoir par la violence, en toute illégalité, en armant les esprits, doivent savoir qu’ils baignent dans l’illusion. Le Togo ne va pas s’embraser. Les Togolais sont mâtures et ne répéteront jamais les erreurs du passé.

Faure GNASSINGBE est un homme déterminé à marquer positivement son passage dans l’histoire. Il ne suivra pas aveuglement les desideratas d’une opposition en quête de sensation forte. Sous Faure, il y a eu, certes, des couacs. Tout n’est pas parfait. Mais nous sommes en mouvement vers une finalité qui est celle du développement.

Le Togo est situé dans une sous-région perturbée parce que dans le collimateur des terroristes aux abois. Plusieurs de nos voisins ne savent pas à quel saint se vouer.

Nous devons donc faire en sorte que demain soit meilleur qu’aujourd’hui.

C’est notre devoir à tous. Rien ne se construit dans la haine et la violence. Tikpi ATCHADAM rêve mais son rêve est inaccessible.

Passer d’un ethnicisme gérable et à un ethnicisme exacerbé sera suicidaire pour le Togo.

 

Rodrigue

 

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *