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La coalition des 14 sur le fil du rasoir.

Election législative au Togo : Le compte à rebours commence ce mardi

Petit à petit, mine de rien, doucement mais sûrement, le processus électoral fait son bonhomme de chemin et, de façon implacable, le compte à rebours commence le mardi 4 Décembre 2018 pour s’achever le 20 décembre 2018.

Tout ce que la coalition, désormais au pied du mur, a pu faire, c’est de tenter de montrer les muscles en annonçant le déluge avec la reprise des manifestations de rues. Il se trouve qu’au Togo, ces genres de manifestations se normalisent et se banalisent. Et ceux qui annoncent le déluge se comportent exactement comme un devin qui annonce la guerre dans son pays tout en ignorant qu’il est également logé à la même enseigne que les autres. Nous sommes donc fondés de parler de bluff politique face à ces sorties apocalyptiques.

A notre avis, l’épilogue actuel ne faisait nullement de doute parce que c’était prévisible. Car, déjà très tôt, nous avons compris que la coalition s’était plusieurs fois tirée des balles dans les pieds et que les facilitateurs de la CEDEAO ne sont pas dupes.

Les revendications cavalières et fantaisistes de la coalition ont finalement conforté la Commission de la CEDEAO dans la conviction que les responsables de ce regroupement de partis politiques ne se prennent pas au sérieux. La preuve de ce constat, c’est le communiqué en date du 26 Novembre 2018 que nous publions pour nos lecteurs à la page 6 de notre présente parution. En guise de commentaire, nous affirmons que la CEDEAO a exprimé un désaveu cinglant vis-à-vis des va-t-en-guerre de la scène politique togolaise.

Très tôt, c’est-à-dire dès le début de la facilitation de la CEDEAO, il était apparu évident et indéniable que la coalition s’ingéniait à créer une situation kafkaïenne pour tirer son épingle du jeu.

En incriminant à longueur de temps, au cours des manifestations de rues, le pouvoir, Jean-Pierre FABRE, le marcheur professionnel qui n’était jamais à l’aise dans l’hémicycle où plutôt les débats sont contradictoires, a montré qu’il cherche à brouiller les cartes. En d’autre terme, la coalition a toujours voulu troubler l’eau pour pêcher en eau trouble. Bien malin celui qui peut réussir à faire un décryptage clair des finalités inavouées poursuivies par ce regroupement hétéroclite toujours insatisfait.

Au fond, après analyse, la position de la coalition n’a pas varié depuis le 19 Août 2017. Il s’agit, pour les ténors de ce que nous appelons le panier à crabes, de réussir à imposer, par alpha ou oméga, le retour à la constitution de 1992 dans sa version originelle et d’en tirer les conséquences immédiates à savoir, le départ de Faure GNASSINGBE du pouvoir en 2020.

Il se trouve que les moyens pour atteindre cet objectif sont nuls juridiquement et politiquement.

La coalition peut rêver comme elle veut. Mais les faits sont têtus. Faure GNASSINGBE ne peut pas quitter le pouvoir par une alchimie insurrectionnelle.

La surenchère, les menaces, le populisme, la démagogie sont les armes des faibles. Il est temps de le comprendre. Si les responsables des partis politiques composant la coalition continuent à faire semblant d’ignorer cette réalité, on peut dire que la coalition est sur le fil du rasoir. Elle ne peut plus renverser la dynamique en sa faveur. En revanche, tout porte à croire qu’elle se dirige vers un naufrage certain et que, plus rien ne la sauvera.

Le 20 Décembre 2018, les Togolais se rendront aux urnes et nous retournerons exactement à la situation qui avait prévalu en 2002.

Depuis 1990, nous sommes pris dans une avalanche politique dont nous pouvons sortir si nous le voulons. Si nous en sommes encore là, c’est parce que l’opposition est animée par des amateurs politiques de piètre qualité qui ne fonctionnent qu’à l’aune de leur propre égo et qui ne nourrissent aucune ambition réelle pour le peuple togolais qu’ils méprisent royalement.

En démocratie, ici comme ailleurs, lorsqu’on ne s’entend pas, il faut demander au peuple souverain de trancher. C’est ce qui se fera le 20 décembre prochain. C’est le seul moyen de dénouer l’écheveau d’autant plus que le dialogue récurrent devient lassant.

Le 20 Décembre, nous serons aux urnes. C’est ce que nous avons de mieux à faire face l’impasse actuelle.

Le papier de divorce a été signé depuis que la coalition a fait des réformes constitutionnelles un casus belli.

Les pantalonnades sans fin ont convaincu les facilitateurs qu’il est l’heure de siffler la fin de la récréation et tourner la page.

Désormais et ce, jusqu’à preuve contraire, c’est la coalition qui est dans le pétrin et non le contraire.

Les manifestations ont montré déjà leurs limites. La violence provoquera, à coup sûr, la réaction appropriée, car personne ne veut que le Togo devienne un champ de ruine étant entendu que c’est notre patrimoine commun. La comédie politique doit cesser. Le choc de la négation démocratique va avoir ses effets boomerang à court, moyen ou long terme. Nous y sommes. Chacun doit assumer sa part de responsabilité et le pays se portera mieux. On ne peut parler de réforme constitutionnelle sans tenir compte de l’histoire de notre pays dans toutes ses dimensions. La coalition a péché par excès de confiance. C’est très grave. La stratégie de boycott permanent a fatalement une conséquence. Ne soyons pas amnésiques.

Rodrigue

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