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La coalition de l’opposition victime de ses turpitudes

Le temps de la raison : Faire la politique autrement

Au regard de la situation politique observée dans le pays, il ne fait nul doute désormais qu’après plus de 29 ans de lutte sans succès, une frange de l’opposition togolaise a perdu ses repères. Nous voulons nommément parler de ceux qui prétendent parler au nom du peuple et qui se sont toujours retrouvés dans des regroupements chocs mais qui s’avèrent en réalité creux.

 Le comble c’est qu’en dehors d’un ou deux partis d’envergure, les formations politiques qui composent ces regroupements n’existent que de nom parce qu’aucune action d’envergure n’est jamais à mettre à leur actif ne serait-ce qu’au niveau de l’opposition parlementaire. Cette situation a poussé un observateur à affirmer qu’au Togo, l’opposition n’existe que de nom. L’atmosphère empreinte de méfiance, d’égoïsme et d’égotisme en son sein a toujours été à l’origine de l’échec des alliances à l’approche des échéances électorales. Mais visiblement, tout porte à croire que les responsables de l’opposition peinent à tirer des leçons de leurs déboires en vue d’adopter de nouvelles approches.

Même s’il est difficile de cerner les contours réels de la guéguerre actuelle qui prévaut entre les formations politiques censées faire bloc pour mettre un terme au régime au pouvoir qu’ils n’ont de cesse de fustiger, le constat est désormais établi que les chances d’aboutir à l’alternance politique sont sérieusement compromises sinon inexistantes pendant les années à venir voire des décennies. En effet, l’opposition, dans toutes ses composantes, a montré ses limites. Tout se passe comme si les responsables des partis politiques sont tout simplement en perdition. Ils n’ont aucune vision de l’avenir. Ils ne nourrissent aucune ambition véritable pour le pays. Ils tournent à vide et cette façon de faire la politique est désespérante. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’une élection est proche, ils courent dans tous les sens et brandissent  tous les arguments pour boycotter ou taxer le pouvoir en place de machine à fraudes. Or en réalité, le constat a été fait que depuis l’avènement de Faure GNASSINGBE au pouvoir,  l’opposition togolaise se présente toujours aux divers scrutins dans l’impréparation totale. Et le résultat est connu de tous.

 Paradoxalement,  les responsables de l’opposition n’hésitent pas à sauter sur toutes les occasions pour crucifier le pouvoir. La diabolisation, le populisme exacerbé, la démagogie érigée en stratégie de combat politique sont leur crédo. Tout se passe comme si nous sommes en face d’une génération usée d’hommes politiques qui désormais, tournent à vide faute de perspective d’avenir digne de ce nom.

Nous l’avons déjà écrit. L’un des maux qui minent l’opposition et qui permet au régime en place d’asseoir sa notoriété, c’est que cette opposition n’est jamais arrivée, au moment décisif, à converger sa synergie vers un but collectif. Au moment où l’on s’attend à voir ses composantes se mettre d’accord sur un minimum pour faire avancer la lutte pour l’alternance, on assiste à des conflits larvés qui aboutissent à des querelles de  chiffonnier sous le regard amusé du parti au pouvoir.

Et il y a plus de 29 ans que cela dure. Aujourd’hui, tout se passe comme si les responsables politiques de l’opposition ne se sont pas encore  remis de leur défaite à l’élection présidentielle du 25 avril 2015. Pour cela, ils refusent de tourner la page et continuent à se jeter des peaux de banane après la participation et l’abstention des uns et des autres à ce scrutin. A priori, l’ambiance de suspicion permanente au sein de l’opposition a refait surface.

Nous sommes loin des temps où, en pareille circonstances, ou accusait le pouvoir-RPT d’avoir tendu un piège à l’opposition conformément à sa stratégie de « diviser pour mieux régner ». Certes, il serait difficile de ne pas croire que les problèmes internes de l’opposition politique ne profitent pas au pouvoir UNIR, mais cette fois-ci, l’opposition en lambeaux ne doit s’en prendre qu’à elle-même d’autant plus qu’elle est victime de ses propres turpitudes.

Si tant est que les Togolais ont une fois mis leur confiance en cette opposition, ses responsables doivent redresser la barre et conjuguer leurs efforts afin d’éviter de tomber dans un piège facile qui ne les mènera que vers des lendemains incertains.

Le Togo se bâtira par des Togolais et non par des étrangers qui ont d’autres chats à fouetter chez eux. Le Togo est un pays désormais normalisé et ne suscite guère d’intérêt particulier aux yeux de l’opinion internationale. Ceux qui passent leur temps à ressasser les mêmes souvenirs douloureux doivent savoir raison garder. Car, nous devons être notre propre levier. Nous devons réfléchir et surtout approfondir la réflexion pour identifier les voies et moyens propres à nous permettre de sortir des sentiers battus et nous projeter vers des objectifs susceptibles de nous assurer un avenir meilleur.

Julles

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