Politique

Le contrepied politique de Faure GNASSINGBE a poussé l’opposition

Manifestations des 6 et 7 Septembre : Le jeu politique au Togo

Le mardi 05 septembre 2017, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi portant modification de la constitution. Ledit projet de loi prend en compte les revendications relatives aux marches projetées les 06 et 07 septembre par l’opposition au sujet des réformes constitutionnelles.

L’adoption de l’avant-projet de loi en conseil des Ministres portant réformes constitutionnelles la veille de la marche constitue, à nos yeux, un véritable contrepied politique destiné à dégonfler la dynamique de l’opposition qui tente, en son propre sein, de se retrouver et de s’unir contre le pouvoir.

Il reste que, pour notre part, nous ne sommes pas d’avis que le Président ait attendu jusqu’au dernier moment avant d’agir.

C’est la preuve que le Chef de l’État qui n’aime pas les pressions des hommes subit malheureusement la pression des événements. Ceci dit, il faut revenir aux choses sérieuses.

Une fois encore, une de plus, l’opposition n’a pas joué le jeu jusqu’au bout.

En effet, l’organisation de ces marches n’était pas fortuite. Elle a été prévue.

Les protagonistes de la scène politique, en l’occurrence, le pouvoir représenté par le Ministre de l’Administration territoriale et le Ministre de la Sécurité d’une part, et d’autre part, les représentants de l’opposition, ont arrêté d’un commun accord l’itinéraire approprié ainsi que le point de chute.

En définitive, une partie, celle de l’opposition, n’a pas respecté les clauses de l’accord. Autrement, tout devrait se passer comme la veille.

En somme, il a été convenu que les manifestations doivent canaliser les militants à partir de trois axes. Le rond-point Deckon constitue le point de ralliement pour une convergence vers le lieu du meeting final, en l’occurrence le stade du collège St Joseph.

Le premier jour, le 06.09.2017, tout s’était déroulé normalement sans heurt. Le lendemain 07.09.2017, l’opposition a unilatéralement changé la donne en décidant de bloquer le carrefour Deckon jusqu’à la démission du Président de la République. Cette façon de procéder est une violation du cadre légal convenu. Les manifestations ont été convenues et arrêtées pour aboutir au stade du collège St Joseph.

Ce n’est pas la première fois que nous assistons à ce scénario. Le précédent historique le plus frappant reste l’accord qui avait abouti à l’organisation de la Conférence Nationale. Une fois sur place, l’opposition avait unilatéralement déclaré la souveraineté de ladite conférence. Et lorsque le Prof. GNININVI, le principal acteur à l’époque, avait été interpellé, il avait cyniquement répondu que les accords n’engagent que leurs signataires.

A présent, nous revenons à la réalité pour un cas d’hypothèse improbable.

Si, par l’impossible, le Président Faure GNASSINGBE venait à démissionner comme le souhaitait le fanfaron Jean-Pierre FABRE, que se passerait-il ?

Le Togo allait entrer automatiquement dans un scénario de rupture constitutionnelle.

En clair, il y aura une violation de la légalité constitutionnelle. En l’espèce, la constitution de 1992 toujours en vigueur, sera considérée comme bafouée puisqu’elle prévoit que le Président de la République est élu pour cinq (5) ans. Et Faure n’a fait que deux ans. Son mandat court jusqu’en 2020.

Face à cette situation de violation flagrante de la Constitution, puisque celle-ci ne saurait s’appliquer de façon sélective, l’Armée interviendra pour remettre la pendule à l’heure.

Nous ne voulons pas préjuger de la suite parce qu’elle ne dépend plus de la presse.

Le contrepied du Président Faure a poussé l’opposition à la faute, même si nous savons tous que dès le départ, l’opposition était de mauvaise foi et que le but visé était de bloquer le carrefour Deckon pour provoquer.

La preuve est désormais faite que l’opposition est prise à son propre jeu et qu’elle est victime de ses propres turpitudes. Elle se plaint de la répression qu’elle a volontairement provoquée en sortant du cadre légal. Et alors ? Veut-elle que le Gouvernement se plie ?

Lorsqu’une opposition, au lieu de réfléchir à une stratégie de lutte efficiente, mise sur l’agitation populaire injustifiée des masses, c’est que cette opposition cherche à mettre la République en péril. Et c’est grave.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le 7 septembre dernier le nombre des manifestants réunis entre le carrefour Deckon et la Colombe de la Paix ne dépasse pas les électeurs de Faure GNASSINGBE en 2015. Ils étaient 1.221.282. Personne ne peut nous convaincre qu’il y avait plus d’un million de manifestants dans les rues dans une capitale de moins de 2 millions d’habitants. Même l’import-export ne pouvait pas permettre de réunir un tel nombre de manifestants.

Concrètement, lorsqu’une majorité a élu un Président, une minorité ne peut pas le démettre par la rue.

La Togo se veut un Etat de droit. Les Institutions fonctionnent normalement. Si nous voulons bâtir la démocratie, l’opposition doit respecter la légalité et la légitimité constitutionnelles.

Le drame pour cette opposition c’est que dès qu’ils constatent l’effet de foule, ils sont grisés et perdent la tête. FABRE doit apprendre à respecter la parole donnée. La défiance et la méfiance ne sont pas des  éléments susceptibles de lui permettre de conquérir le pouvoir au Togo.

FABRE, à la fin, s’amuse parce qu’il ne sait que faire face à un adversaire plus organisé et plus futé.

Rodrigue

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