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De guerre lasse, l’opposition se jette à nouveau dans la rue

Constat d’échec : Polémiques infondées autour du processus électoral

Après dix mois de trêve entre les protagonistes de la scène politique togolaise, le 17 novembre 2018 dernier, les partis politiques membres de la coalition de l’opposition (C14) ont repris le chemin de la rue en organisant une marche suivie de meeting à Lomé. Selon les membres de la C14, c’est le refus obstiné du Chef de l’Etat, Faure GNASSINGBE et son entourage, de mettre en œuvre les réformes institutionnelles, constitutionnelles préconisées par la feuille de route de la CEDEAO qui les a conduits à prendre de nouveau cette voie d’impasse.

Et pourtant, lorsqu’on se rappelle que les années 2014 et 2015 n’ont pas été de tout repos pour les leaders de partis politiques de l’opposition qui, au regard des événements du Burkina Faso, ont tenté, en vain, d’importer la prouesse du peuple burkinabé au Togo, il est désormais permis de douter de l’aboutissement des manifestations populaires.

En effet, le comportement calamiteux des opposants en général et de ceux qui appartiennent à la coalition en particulier, a eu pour conséquence de jeter du discrédit sur le peu de crédibilité qui leur restait jusqu’ici.

Une évidence indéniable est que depuis les manifestations concurrentielles de septembre 2017 qui ont jeté, à la fois, dans les rues, les militants de l’Union pour la République (UNIR) et les sympathisants de la C14, la preuve a été définitivement faite que les manifestations populaires ont fait leur temps et que l’opposition n’a pas le monopole de la rue.

Malheureusement, tout porte à croire que les leaders de la C14 imbus d’eux-mêmes n’ont pas retenu la leçon et ils ont continué à user et abuser de la rue comme bon leur semble.

Depuis 2010, l’ANC et ses acolytes réunis autour d’appellations choc mais qui s’avèrent creuses, ont habitué une partie de la population à marcher pour revendiquer et pour la moindre chose, on bat le pavé au lieu de s’asseoir pour réfléchir et trouver des solutions viables. Mais de grâce, nous le disons et le répétons, la question des réformes constitutionnelles et institutionnelles n’est pas un débat à déplacer dans la rue. Le projet de loi portant modification de la constitution poursuit son bonhomme de chemin et aboutira si et seulement si, le parti au pouvoir et l’opposition parlementaire cessent de tirer la couverture vers eux pour réfléchir sérieusement sans chercher à imposer leurs désidératas.

Pour qui lutte-t-on ? Le peuple togolais ? Quel sens l’opposition au sein de la coalition donne-t-elle à sa lutte pour une vraie alternance ? Tellement leur incapacité à accepter les idées contradictoires est flagrante.

La lutte engagée pour un Togo démocratique depuis les années 90 a toujours été un échec dans les rangs de l’opposition par le fait que, les leaders ne sont pas prêts à accepter des opinions contradictoires. Et lorsqu’il s’agit des questions d’intérêt commun comme ce fut le cas avec la CENI récemment, les divisions de l’opposition se font voir. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, les mêmes opposants se disent inspirés par le peuple burkinabé pour obtenir l’alternance.

FABRE, en particulier, et l’opposition en général, n’ont pas pu incarner avec finesse et efficacité les aspirations profondes du peuple togolais. Ils ont cru à tort que les manifestations de rues sont une fin en soi alors qu’en réalité ce ne sont que des moyens dont il faut savoir se servir sans en abuser.

Nous n’allons pas créer le chaos chez nous pour satisfaire l’ambition inavouable des hommes sous-qualifiés pour sortir notre pays de ses difficultés.

Nous savons tous que depuis toujours, les humains s’affrontent, mais il faut tenir compte des aléas des événements, de l’ensemble des contingences de la vie politique pour tirer son épingle du jeu. Il ne faut jamais perdre de vue que tout peut modifier la donne à chaque instant. Le contrepoids à tous ces paramètres imprévus c’est d’anticiper et d’avoir une capacité d’adaptation pour combattre le sort, surmonter le destin et parvenir à ses fins. Les grands hommes d’Etat sont des virtuoses. L’opposition n’a pas actuellement dans ses rangs cette race d’homme, c’est-à-dire l’espèce rare. Il faut donc laisser le temps au temps et approfondir la réflexion. Nous ne parlons pas ici de fatalisme. Mais nous voulons qu’il soit mis fin à cette politique folklorique qui, à l’épreuve, devient lassante et pénalisante pour le peuple. Il est temps de le savoir.

Julles

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