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Les démêlés de BOLLORE avec la Justice française : le rôle des médias

Dossier : Les dessous de la concession des manutentions portuaires au Togo

La mise en examen, le 25 Avril 2018, de M. Vincent BOLLORE, PDG du Groupe BOLLORE pour corruption d’agents publics étrangers, faux et usage de faux et complicité d’abus de confiance a été ressentie partout comme un séisme de grande intensité même si une mise en examen n’est pas synonyme de culpabilité. Selon tous les observateurs des milieux d’affaires en France, il s’agit d’un événement médiatique majeur. Nous insistons sur cet aspect parce que, manifestement, ceux qui ont organisé cette cabale puisque c’en est une, ont beaucoup misé sur les réactions à fleur de peau de la presse. En d’autre terme, les tapages des médias en raison de la position et de l’envergure de M. BOLLORE un homme emblématique, réputé redoutable et respecté sinon craint. Sur ce point, les détracteurs du milliardaire français ont peut-être marqué un point en réussissant, pour le moment, ce lynchage médiatique. La suite c’est-à-dire le fond nous édifiera parce que l’homme d’affaires breton n’est pas une mauviette qui se laisse abattre sans réagir. Tout le monde sait que ce capitaine d’industrie a une capacité de résilience à toute épreuve. Donc, ce n’est que le commencement d’une lutte sans merci. L’avenir peut nous réserver des surprises. Ceci dit, revenons à l’essentiel.

Si nous avons senti le besoin d’écrire, c’est parce que la mise en concession de la manutention portuaire au Togo, notre pays, a été évoqué. Oui, on a ciblé deux pays africains, la Guinée et le Togo.

Même si nous doutons (c’est notre point de vue) de la transparence de l’avis d’appel d’offre qui a désigné NECOTRANS premier en Guinée par les dirigeants guinéens d’alors parce que nous sommes fondés de croire qu’ils n’étaient pas des modèles de vertu et ne peuvent donc se prévaloir d’une quelconque rigueur, nous nous abstenons de faire un quelconque commentaire sur ce qui s’était passé dans ce pays voisin.

En revanche, le cas togolais nous interpelle à plus d’un titre.

Certes, nous n’avons pas vocation à nous mêler des affaires de justice lorsque les dossiers sont au niveau du juge d’instruction, mais nous avons, cette fois, l’obligation morale et professionnelle de réagir puisque d’autres médias l’ont fait. Et nous disposons des informations relatives à des faits probants qui peuvent contribuer à éclairer la lanterne de ceux qui vont trop vite en besogne.

En effet, dans le dossier de la mise en concession de la manutention portuaire au Togo, nous sommes en possession des documents administratifs et juridiques que nous avons collectés patiemment pendant de nombreuses années pour la manifestation de la vérité. Il s’agit des faits irréfutables. C’est dire que nous cernons un tant soit peu les contours de ce dossier au demeurant très simple. Oui, ce dossier qui, à l’origine, est transactionnel parce qu’il s’agit de relations entre un patron et son employé, a été compliqué à dessein par un homme de mauvaise foi, un véritable gibier de potence, un repris de justice de moralité douteuse que les visées machiavéliques et les ambitions démesurées ont poussé à commettre une escroquerie de haute volée en usant des manœuvres frauduleuses.

Cet homme s’appelle Jacques DUPUYDAUBY, (ancien avocat, ancien PDG de la SCAC de 1984 à 1986). Il a approché le groupe BOLLORE en sa qualité d’ancien président du Conseil National des communautés portuaires françaises pour lui proposer sa collaboration. Rappelons, sans nous y appesantir, que le sieur DUPUYDAUBY a connu de sérieux déboires judiciaires lorsqu’il était à la SCAC.

La collaboration entre M. BOLLORE et DUPUYDAUBY a été formalisée, en novembre 1999, par la conclusion entre Jacques DUPUYDAUBY et le Groupe BOLLORE d’une convention d’assistance et de conseil d’une durée de trois ans renouvelables au titre de laquelle M. DUPUYDAUBY était rémunéré à 200.000 FHT (20 millions de F CFA) par mois. L’ensemble des frais engagés dans le cadre des affaires qui lui étaient confiées étant en outre intégralement pris en charge, dès le départ, par le groupe BOLLORE. En définitive, eu égard à ces éléments, M. DUPUYDAUBY n’a jamais été concurrent de BOLLORE.

Dans ce contexte, début 2000, M. DUPUYDAUBY a proposé au Groupe BOLLORE de financer une société de manutention au Togo, se faisant fort d’obtenir les autorisations nécessaires auprès des autorités locales. C’est donc la preuve que DUPUYDAUBY est, en réalité, le cheval de Troie de BOLLORE.

Les Autorités togolaises ont posé des conditions claires pour l’obtention de la manutention (lire en fac similé (1) le Décret N° 2001-262/PR fixant les conditions de la mise en concession de l’activité de manutention au Port Autonome de Lomé).

Etant donné que M. DUPUYDAUBY ne remplissait pas personnellement les conditions requises par ledit décret, il a dû recourir à son patron BOLLORE qui lui a adressé une lettre de garantie et apporté le soutien du Groupe à ce projet. C’est ainsi que les Autorités togolaises ont donné leur accord. L’implication complète du Groupe BOLLORE était, de toutes les façons, nécessaire, puisque le Décret fixant les conditions de la privatisation stipule que le concessionnaire doit :

– être capable de réaliser les investissements nécessaires ;

– être armateur ou un représentant d’armateur de premier plan ;

– avoir une expérience d’au moins 10 ans dans le métier de manutentionnaire portuaire (Nous disposons d’une copie de cette lettre). Malheureusement, c’est à cette époque que M. DUPUYDAUBY a posé les bases de son escroquerie en se présentant aux Autorités togolaises comme un associé de BOLLORE alors qu’il était un employé. C’était le subterfuge. Il a ainsi, par préméditation, roulé tout le monde dans la farine.

Pour les investissements, le Groupe BOLLORE qui possédait une société nommée PARTICIPACIONES IBERO INTERNATIONALES S.A. dont le siège est à Séville en Espagne a fait créer une sous filiale du nom de SE2M au Togo. C’est par le biais de SE2M que les 100% des investissements ont été réalisés pour un montant de plus de 6 milliards 500 millions au Togo (Lire en fac similé (2) le décret 2001-163/PR) accordant la concession de l’activité de manutention de conteneurs au Port Autonome de Lomé à la Société SE2M. Ces investissements ont largement contribué aux bons résultats de cette entreprise en y faisant manutentionner ses navires.

C’est à partir de 2002 que tout s’assombrit entre les deux hommes.

En effet, courant 2002, M. DUPUYDAUBY a consulté le Groupe BOLLORE sur le projet de création d’un 3ème quai de conteneurs au Port de Lomé. Le groupe BOLLORE ne donnera pas de suite à ce projet coûteux, n’ayant pas des éléments suffisants d’appréciation pour prendre une décision.

Cela n’empêche pas M. DUPUYDAUBY de passer outre et de finaliser, en dépit du désaccord du Groupe BOLLORE, un accord par lequel 50% de la société togolaise SITC, filiale de PROGOSA INVESTMENT, elle-même propriété du groupe BOLLORE, est cédée au Groupe CMA-CGM.

Le but visé est de chercher à la hussarde un autre partenaire pour dribler BOLLORE dans la réalisation du 3e quai. Il se trouve que l’actionnariat des Sociétés dont DUPUYDAUBY voulait se servir pour nouer ce nouveau partenariat appartenaient à BOLLORE. Il faut aussi souligner que DUPUYDAUBY a créé plusieurs sociétés écran pour camoufler son jeu et brouiller les cartes.

Le pot aux roses ayant été découvert, le Groupe BOLLORE a entamé une action en justice en 2005 contre DUPUYDAUBY pour le débusquer. Le Tribunal de Séville, par jugement en date du 17 Mai 2005, convoque l’Assemblée Générale de PROGOSA pour le 20 juin 2005.

Entre temps, le Groupe BOLLORE prend connaissance d’un certain nombre de documents montrant que M. DUPUYDAUBY a organisé un groupe « parallèle » dénommé PROGASA –Shipping Investment, groupe dont l’actionnaire ultime est une société établie aux Iles vierges Britanniques auquel les actions des sociétés opérationnelles africaines du Groupe PROGOSA Investment appartenant au Groupe BOLLORE ont été transférées début 2005, en fraude des droits, et à l’insu du Groupe BOLLORE.

Jacques DUPUYDAUBY a motivé ces transferts par le fait que les autorités togolaises menaçaient de retirer les licences s’il était arrivé que le Groupe BOLLORE est l’actionnaire de PROGOSA Investment. Ce qui, en réalité, est une grosse supercherie, un chantage destiné à s’accaparer des actions du groupe BOLLORE et à se les approprier indûment.
Aux termes des actes conclus par M. DUPUYDAUBY, le transfert des actions au profit des Sociétés qu’il a mises en place au Luxembourg, effectué dans le cadre d’un partage devenait définitif en cas de révocation de M. DUPUYDAUBY des Conseils des sociétés du Groupe PROGOSA Investment.

A cette occasion, le groupe BOLLORE apprend que, dès 2002, M DUPUYDAUBY avait prémédité le détournement de la Société SE2M au profit d’une société dont son épouse est gérante.

Le 1er juin 2005, le Groupe BOLLORE dépose à Séville une plainte pour détournement d’actifs contre M. DUPUYDAUBY, plainte étendue par la suite à son épouse et son beau-père. Cette plainte est déclarée recevable par les juridictions pénales de Séville.

Avant les décisions définitives de la Justice, DUPUYDAUBY qui avait usé de beaucoup de dilatoires, continuait à se comporter comme si de rien n’était et alimentait les médias de fausses nouvelles en usant des méthodes mafieuses.

Dans la foulée, le 20 juin 2005, le Groupe BOLLORE révoque les membres du Conseil d’Administration de PROGOSA Investment et de ses filiales espagnoles.

Ensuite, le Groupe engage une série d’actions judiciaires au Togo afin d’essayer de récupérer ses actifs.

Au Togo où se situent les actifs les plus importants du Groupe PROGOSA Investment, le Groupe BOLLORE demande et obtient, le 3 Février 2006, du tribunal de 1ère Instance de Lomé une décision annulant les convocations des conseils d’Administration de SE2M et SE3M ayant agréé la cession des titres de ces sociétés au profit des sociétés mises en place au Luxembourg par DUPUYDAUBY, annulant les écritures passées dans les registres de ces sociétés relativement auxdites cessions et annulant les délibérations adoptées par les Assemblées Générales de ces sociétés tenues en juin 2005.

Dans ce dossier, le Groupe BOLLORE a finalement gagné devant les juridictions pénales de Séville en Espagne où DUPUYDAUBY a été condamné à une peine d’emprisonnement ferme de 3 ans et 9 mois et à 10.000.000 d’euros de dommages et intérêts au profit du Groupe BOLLORE.

Au Togo, M. DUPUYDAUBY a été auparavant également condamné à 20 ans d’emprisonnement et à une amende de 31 milliards FCFA d’amende pour des faits de fraude fiscale et d’escroquerie.

Comme élément de preuve, nous publions en fac similé (3) le document clé intitulé Cession d’actions par lequel DUPUYDAUBY a réussi la prouesse de détourner des actifs de plusieurs dizaines de millions d’euros en transférant gratuitement ces actifs de la société appartenant au groupe BOLLORE à une autre société qu’il a créée et portant pratiquement le même nom.

Il va sans dire que toutes les informations actuellement publiées dans les médias et qui affirment que DUPUYDAUBY est un concurrent de BOLLORE, relèvent de l’affabulation. Il y a lieu de préciser que les négociations relatives à la construction du 3e quai du Port de Lomé remontent à 2006 lors de la rencontre à Paris entre le Président Faure GNASSINGBE et M. Vincent BOLLORE. A cette occasion, M. Vincent BOLLORE avait annoncé à sa sortie d’audience à l’hôtel où séjournait le Président Faure GNASSINGBE qu’il est prêt à financer le 3e quai du Port de Lomé. La question lui a été posée par un journaliste du Combat du Peuple. Nous en avons fait état dans notre parution N° 567 du 18 au 22 septembre 2006.

Ceux qui, aujourd’hui, parlent de corruption d’agents publics étrangers sont venus trop tard dans un monde trop vieux. Il n’y avait pas de lien réel de cause à effet entre la concession et les élections de 2010. Nous ne connaissons pas les preuves détenues par la Justice française à qui nous faisons toutefois confiance. Mais en attendant, nous restons prudents voire sceptiques.

Mieux, M. DUPUYDAUBY a reconnu publiquement :

– que le Groupe BOLLORE est financièrement à l’origine des activités de PROGOSA Investment (PROGOSA Espagne) et que le Groupe BOLLORE est bien le propriétaire de PROGOSA Espagne –actionnaire unique de PII Espagne, actionnaire de SE2M et SE3M.

– qu’il a été rémunéré par le Groupe BOLLORE dans le cadre d’un contrat avec le Groupe de 240.000.000 millions de Frs CFA par an hors frais.

D’où vient le fait que celui qui, au départ, était un employé, devienne un concurrent et victime ?

Quel est donc le véritable secret de l’affaire DUPUYDAUBY contre BOLLORE ?

On parle de puissants groupes d’intérêt qui cherchent à déstabiliser M. Vincent BOLLORE pour prendre sa place en Afrique et qui sont derrière cette cabale.

La Justice ne doit pas se laisser instrumentaliser et jouer le jeu de concurrence déloyale.

Vincent BOLLORE est un homme de conviction et un visionnaire éclairé. Il a très tôt compris que l’Afrique est un continent d’avenir et il a misé sur le cheval Afrique. Qu’on l’accuse aujourd’hui de corruption est trop facile parce qu’au moment où il investissait sur le continent noir, personne n’était prêt à le suivre.
C’est lui et lui seul qui était sur le terrain et sa présence a rendu le continent attractif. La preuve, les Chinois lui ont emboité le pas que ce soit au Togo ou ailleurs.

Il faut donc que la Justice s’applique en toute transparence, que BOLLORE soit lavé de l’opprobre et que son image soit débarrassée de souillures.

C’est ce qu’il y a de mieux à faire pour le continent.

En tout état de cause, BOLLORE n’abdique jamais avant d’en finir avec ses adversaires. Il n’est pas donné à tout le monde de faire ce qu’il a fait à la tête d’un Groupe qui existe depuis 195 ans.

Le dossier BOLLORE étant devenu un véritable feuilleton, un serpent de mer, nous promettons de revenir à la charge en abordant d’autres aspects pour apporter toute la clarification nécessaire et dissiper les doutes pour la manifestation de la vérité et le triomphe de la Justice.

Prochainement, nous ferons des révélations très intéressantes sur les entourloupettes montées à tour de bras par DUPUYDAUBY au Togo. Nous ferons état de la corruption qu’il a érigée en règle lorsqu’il s’organisait pour faire main-basse sur les Sociétés de son patron. Nous parlerons enfin de tout le bordel qu’il a semé dans l’administration togolaise et les entraves posées à la presse.

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