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Faire de la CENI un abcès de fixation est une foutaise.

Politique et élection au Togo : Les incohérences et les inconséquences de la coalition des 14

Aucun parti politique ou coalition de partis ne doit être au-dessus de la loi. Tenter de le faire c’est être hors-la-loi.

Le processus électoral obéit à un ensemble de règles définies par le code électoral du Togo. C’est pourquoi toute exigence qui ne rentre pas dans le cadre de la loi est une foutaise.

Le cas précisément de la CENI dont la coalition des 14 partis vient de faire son cheval de bataille est considéré comme une sorte d’abcès de fixation ou un alibi mal ficelé pour empêcher l’organisation des élections dans notre pays le 20 Décembre 2018.

En politique, surtout au Togo, on vend la rumeur pour acheter la vérité.

C’est pourquoi nous avons le devoir d’éclairer nos lecteurs sur un certain nombre de points.

1°/ La CENI actuelle a été définie dans ses contours par l’Accord politique global.

D’autres améliorations ont été apportés par les CPDC successifs.

2°/ Réglementairement, la CENI fonctionne sur la base du Code Electoral en vigueur conformément à la loi N°2012-002 du 29 mai 2012 modifiée par la loi N° 2013-004 du 19 Février 2013 et la loi N° 2013-008 du 22 Mars 2013.

Selon les dispositions du Code électoral en son article 3 : « Il est créé une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) chargée d’organiser et de superviser les consultations électorales et référendaires.

Elle est une institution permanente.

Elle a son siège à Lomé.

Article 4 : La CENI est une autorité administrative indépendante. A ce titre, elle dispose de prérogatives de puissance publique.

Elle jouit d’une autonomie d’organisation et de fonctionnement …

Article 12 : La CENI est composée de (17) membres ;

– cinq (5) membres désignés par la majorité parlementaire.

– cinq (5) membres désignés par l’opposition parlementaire.

– trois (3) membres des partis politiques extraparlementaires élus par l’Assemblée Nationale.

– trois (3) membres de la société civile élus par l’Assemblée Nationale.

– un (1) membre désigné par l’Administration.

Ces membres sont désignés en raison de leur compétence et de leur probité.

Tous les membres de la CENI ont voix délibérative ».

Il est donc évident que toutes les propositions émanant de la coalition des 14 partis, après la publication de la feuille de route de la CEDEAO, violent incontestablement l’esprit et la lettre du Code Electoral. On est donc fondé de parler d’une alchimie destinée à semer le désordre et la confusion dans les esprits.

Dans un tout autre registre, il faut noter que la CENI est une institution qui regroupe la majorité parlementaire, l’opposition parlementaire, l’opposition extraparlementaire, la société civile et l’administration.

Pour éviter toute confusion, il est prévu à l’article 36 du Code Electoral ce qui suit :

« La CENI siège valablement lorsque neuf (09) de ses membres au moins sont présents. Les séances de la CENI sont publiques ».

D’où vient l’idée d’insinuer que la CENI est bancale lorsqu’elle siège avec 14 membres présents. C’est là où se situent les incohérences et inconséquences de la coalition.

Pire, un Député à l’Assemblée élu de l’opposition parlementaire soutient publiquement que la CENI actuelle est une machine à coup d’Etat électoral. Et pourtant, il a été élu avec une CENI similaire.

Nous ne voulons pas ouvrir un nouveau chapitre de polémiques, parce que actuellement, l’heure n’est plus aux tiraillements inutiles, mais aux actes légaux.

Ceux qui pensent ou croient qu’ils peuvent faire la politique en dehors des lois en vigueur dans notre pays sont ceux-là qui refusent obstinément de comprendre qu’on ne peut pas bâtir une démocratie sans Etat de droit. Autrement, nous ne le dirons jamais assez, ce sera la chienlit.

Enfin, tous ceux qui prédisent l’ouragan ne doivent pas perdre de vue que nous sommes sur un même bateau qui a pour nom, le Togo. S’il y a naufrage, le navire coulera avec nous tous. Personne ne saura tirer son épingle du jeu. A moins que Dieu n’en décide.

Nous devons faire preuve de lucidité car, à défaut de la révolution tant souhaitée, optons pour l’évolution.

C’est cette mutation que la coalition refuse de faire. Il est temps pour chaque acteur politique de se ressaisir dans l’intérêt général pour un Togo meilleur. Car, ce n’est pas ce que la coalition dit qui importe. C’est ce que l’opposition dans son ensemble fait qui compte. L’inertie n’est pas la meilleure stratégie pour bâtir la DÉMOCRATIE.

Rodrigue

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