Diplomatie

Faure GNASSINGBE élu Président en exercice de la CEDEAO.

Diplomatie : Le Président togolais en pole position

Faure GNASSINGBE élu Président en exercice de la CEDEAO.

Le Président de la République Togolaise, M. Faure Essozimna GNASSINGBE est élu Président en exercice de la CEDEAO pour un mandat d’un an le 4 Juin 2017 à l’issue du sommet de cette organisation sous régionale tenue à Monrovia au Libéria. Cette information ne peut que faire plaisir à tous les patriotes togolais. Seuls ceux qui n’aiment pas leur pays peuvent trouver à redire. C’est leur droit le plus absolu et nous n’avons rien contre, puisque nous aspirons tous à la démocratie et nous combattons la pensée unique. Nous savons également que l’opposition a le droit de s’opposer. Mais avec discernement. Autrement, c’est la chienlit.

Seulement, la réaction de l’ANC, parti d’opposition majoritaire à l’Assemblée nationale pose un réel problème qui appelle de notre part des commentaires.

Le 31 mai 2017, le vice-président de l’ANC, M. Patrick LAWSON-BANKOU a publié, au nom de son parti, une déclaration à l’intention des Chefs d’Etat de la CEDEAO les invitant à mettre la pression sur Faure GNASSINGBE afin de mettre en œuvre les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales au Togo.

Dans cette déclaration, l’ANC reconnait explicitement que les Chefs d’Etat devaient désigner leur homologue togolais, Faure GNASSINGBE, comme Président en exercice de l’organisation sous régionale à l’issue de leur sommet à Monrovia. Et pour cela, l’ANC s’interroge, dans sa déclaration, sur le sort réservé aux avancées démocratiques à l’ordre du jour dans la communauté, notamment la limitation du mandat présidentiel dans les pays de la sous-région, acceptée aujourd’hui par tous les Chefs d’Etat de la CEDEAO, à l’exception de  Faure GNASSINGBE qui seul refuse obstinément cette avancée … et d’ajouter :

« La construction d’une CEDEAO des peuples, si chère aux Etats de notre sous-région, exige que la présidence en exercice de la CEDEAO soit confiée à des Chefs d’Etat bien élus qui assurent un leadership déterminé et résolument acquis aux valeurs fondamentales de démocratie, d’Etat de droit et de bonne gouvernance ».

Il se trouve qu’aux yeux de ses pairs, Faure GNASSINGBE est un Président bien élu. C’est pourquoi le choix a été porté sur lui pour être le Président en exercice de la CEDEAO.

S’il faut s’en tenir à ces extraits, on peut raisonnablement dire que la déclaration de l’ANC a été faite pour empêcher le Président Faure GNASSINGBE d’être élu Président en exercice de la CEDEAO.

Sur ce point, l’élection du Président Faure est un échec politique cuisant pour l’ANC et ses responsables qui n’ont jamais cessé de faire preuve de naïveté dans le cas d’espèce.

En effet, l’élection d’un Président en exercice procède d’un savant dosage de diplomatie et d’autres critères que seuls les Chefs d’Etat définissent à leur haut niveau. Ce n’est pas un opposant à l’un d’entre eux qui doit en décider autrement.

C’est aussi le lieu de souligner que l’opposition togolaise et particulièrement l’ANC ont toujours fait preuve d’une ignorance suicidaire en politique. Ce qui les amène à confondre la politique sur le plan national et la diplomatie sur le plan régional, sous régional, africain ou international.

On voit mal, vraiment très mal, comment un Président africain peut empêcher un collègue d’accéder à un poste tout simplement parce qu’il n’a pas fait de réforme dans son pays.

En posant les problèmes de cette façon, l’opposition se ridiculise et, par ricochet, se moque du peuple togolais.

Les réformes tant souhaitées par l’opposition, les réformes devenues un abcès de fixation s’articulent autour de deux axes principaux :

1°/ la limitation du mandat présidentiel.

2°/ le scrutin à deux tours.

Peut-on nous dire aujourd’hui que le peuple togolais va se nourrir de ces deux réformes qui sont strictement d’ordre politique ? La question se pose.

Le vrai débat c’est que pour avoir l’alternance, les conditions minimales et idoines doivent être réunies. Il se trouve malheureusement que l’ANC qui est la principale composante de l’opposition en est incapable, parce que son leader Jean-Pierre FABRE est très très limité. Il n’est pas un visionnaire. Il continue à évoluer dans une logique de révolution pendant des décennies alors que cette démarche est désormais dépassée et ne porte plus.

En outre, ce politicien sans envergure confond vitesse et précipitation. Il n’a pas l’étoffe d’un futur président même si alternance il doit y avoir.  FABRE ne sait pas gérer, à bon escient, son leadership.

Et pour cause.

L’amalgame entre la politique intérieure et la politique extérieure est son plat préféré mais, n’est pas automatique. Ce n’est même pas évident. A moins qu’il y ait  tueries, exactions graves et violations avérées des droits de l’homme, l’un ne conditionne pas l’autre. Le Togo n’est pas dans ce cas.  Dans notre pays, il n’y a pas de détenus politiques parce que personne n’est en prison pour son opinion politique. Ceux qu’on assimile à des détenus politiques sont des militants ignorants qu’on envoie sur le théâtre des certaines actions politiques et qui se retrouvent en prison parce qu’ils ont posé des actes criminels en comptant sur la promesse  de leurs commanditaires de les protéger le moment venu.

Le Président Faure GNASSINGBE a été élu Président en exercice de la CEDEAO. Et l’ANC s’en plaint. C’est triste parce que dans la pratique, on en a vu pire ailleurs.

Les mêmes Présidents qui ont élu Faure GNASSINGBE à la tête de la CEDEAO ont déjà élu Idriss DEBY du Tchad à la tête de l’UA. Avant, le Premier Ministre éthiopien, le pays qui abrite le siège de l’UA et qui est fermé, hermétiquement fermé à la démocratie, a été  élu Président de l’UA. Or dans ce pays, il n’y a pas de journaux privés ni d’opposition au sens propre du terme.

Le défunt Président EYADEMA nous a déjà dit que le problème togolais se pose au Togo, que sa solution se trouve au Togo et que personne ne viendra nous aider à le résoudre. La communauté internationale n’intervient qu’en cas de crise grave avérée. Heureusement qu’aujourd’hui, le Togo n’est plus classé sur le plan régional ou international comme un pays en crise.

Nous ne pouvons que demander au Président Faure GNASSIGNE de marquer positivement son mandat en posant des actes concrets. Le Togo ne pourra qu’en tirer des dividendes.

Nous lui souhaitons du courage et beaucoup de chance pour combler la confiance de ses pairs. Le Togo ne s’en portera que mieux.

A notre avis, les réformes se feront quel que soit alpha. Dans tous les pays, les réformes constitutionnelles ne doivent pas être un enjeu majeur à la conquête du pouvoir. La réforme ne doit pas viser celui qui est au pouvoir. Si tel est le cas, l’opposition doit retenir que si ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir retournent dans l’opposition dans des conditions de force, ils auront une capacité de nuisance terrible pour revenir parce qu’ils en ont les moyens.

Pour une alternance apaisée, il faut pour le Togo un leader réfléchi, patriote, visionnaire et rassembleur qui rassure tout le monde. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Il faut donc laisser le temps au temps. Cessons d’abuser de la crédulité du peuple. Autrement, c’est l’aventure.

 

Rodrigue

 

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