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Faure GNASSINGBE face aux réalités absurdes du Togo

Le tournant : Le Togo et ses contradictions

En 2005, suite à la mort subite du Président EYADEMA, le 05 Février, l’atmosphère était aux règlements de comptes.

L’opposition togolaise composée, certes, des hommes intrinsèquement compétents mais minés par leur égo surdimensionné, a été incapable de réagir efficacement et d’agir dans l’intérêt général parce que tout ce beau monde croyait que la carotte était cuite.

D’abord, on a voulu rapidement se débarrasser du fils du dictateur (c’était le terme) et ensuite s’occuper des positionnements des uns et des autres. On a vite oublié que le pouvoir devenu un appât n’est pas à la portée de n’importe qui à l’époque. Tout comme aujourd’hui d’ailleurs.

La première faute des responsables de l’opposition, c’était d’avoir cru qu’en liant le père au fils, ils allaient avoir d’adhésion du peuple et de la communauté internationale pour balayer le régime. Il se trouve, en revanche, que la réalité était en faveur de la légalité et de la légitimité républicaine.

En 2005, la Communauté Internationale ne voulait pas créer le chaos au Togo. Au contraire, le but visé était de pousser les uns et les autres à la normalisation du pays sans tenir compte des ressentiments nés des actes posés dans le passé.

En notre qualité de journaliste, nous avons été de précieux témoins de l’histoire et nous avons le devoir, le moment venu, de restituer la vérité des faits parce que la rigueur professionnelle du journaliste et la liberté d’action de l’activiste politique ne sont pas synonymes.

Déjà, le 06 février 2005, après une entrevue avec Faure GNASSINGBE à son domicile, nous avons compris que la première préoccupation de celui-ci était d’ordre économique. Le volet politique était, certes, très à l’actualité en raison des pressions tant nationales qu’internationales exercées sur sa personne mais à l’époque, le Président était plus tourné vers le redressement économique de notre pays qui, après 9 mois de grève générale illimitée, ployait depuis plus d’une décennie sous le poids des sanctions économiques consécutives à la rupture de la coopération internationale avec les bailleurs de fonds et les partenaires du Togo à cause du déficit démocratique.

Le tournant a été marqué par le choix des opposants qui étaient persuadés qu’il fallait absolument écarter Faure pour sortir de l’auberge. Il se trouve que le rapport de forces n’était pas en leur faveur et l’éviction de Faure n’était pas à leur portée ; disons plutôt, c’était une aventure à issue incertaine.

Il faut souligner que depuis 2005, Faure GNASSINGBE était resté fidèle à sa ligne de conduite, à savoir, sortir le Togo de la situation née de la crise économique. C’est pour cela qu’il avait rapidement pris des initiatives de dialogue et accepté toutes les exigences de l’opposition pour parvenir à la signature de l’Accord Politique Global, un an après son accession au pouvoir.

Malheureusement, l’opposition politique en face de lui ne voulait rien céder. Pour l’UFC alors sous la férule de FABRE (en interne), il n’était pas question de participer au Gouvernement d’Union chargé de la mise en œuvre de l’APG si son parti n’en prenait pas la direction. C’est à ce niveau que situait l’échec du Gouvernement d’Union placé sous l’égide de Me AGBOYIBO. Il se trouve que le Chef du Gouvernement d’Union s’associe aujourd’hui paradoxalement à ceux-là même qui l’avaient empêché de réussir.

Nous revenons à la charge pour souligner que la préoccupation de Faure a toujours été plus économique que politique. Il avait accepté tous les compromis politiques sans aucun retour d’ascenseur. Nous y reviendrons dans nos colonnes dans nos futures éditions.

Les dernières visites du Président Faure GNASSINBE en Chine et récemment en RFA avaient des finalités essentiellement économiques. C’est donc à l’actif du Président parce que cette vision s’inscrit dans la logique de ses ambitions pour le Togo.

Que faut-il en tirer comme éléments de conclusion ? Nous y sommes :

Le Président Faure GNASSINGBE se bat sur le plan international avec toutes ses énergies pour inciter les investisseurs étrangers à venir au Togo. Il est vrai que notre pays possède des atouts indéniables. Mais, le hic c’est que le secteur privé togolais est amorphe parce qu’il est marqué par plusieurs handicaps. Plombés par une dette intérieure abyssale de l’Etat, les opérateurs économiques togolais qui ont pactisé avec le diable pour fragiliser le pouvoir en 1991, ont été les premières victimes de leurs propres turpitudes.

Actuellement, la capacité intrinsèque des opérateurs économiques nationaux est sujette à caution à cause de l’absence totale de capitaux locaux.

A un moment, le Président et ses ministres avaient voulu parer au plus pressé en soutenant CECO BTP qui, au départ, avait presque réussi à mettre en place, une société nationale qui devait servir d’exemple à tous. Mais rapidement, le phénomène des retrocommissions liées à la gloutonnerie de ceux qui ont initié le projet de création de CECO ont concouru à sa désintégration précoce. C’était un échec sur toute la ligne. Plus de 4500 employés étaient restés sur le carreau sans compter les dégâts collatéraux. Et aujourd’hui, le Togo n’a plus de secteur privé digne de ce nom. Notre pays manque cruellement de capitaine d’industrie. Le Président doit prendre la mesure de ce handicap de taille. Il faut, en même temps, trouver des capitaux extérieurs et cibler les hommes susceptibles de faire preuve de réceptivité et de probité. Au tournant, se trouve le piège de l’ethnicisme qui n’est pas moindre, ni négligeable.

Le sujet est vaste et profond.

Nous y reviendrons pour jouer le rôle d’aiguillon.

Actuellement, nous pouvons tout simplement dire que le Président Faure fait face aux réalités absurdes du Togo.

Surtout, il ne faut pas désespérer.

Rodrigue

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