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Le gâchis historique de Me Joseph Kokou KOFFIGOH

Le temps de la vérité :  La Commission Nationale Spéciale d’Enquête Indépendante

(L’origine du faux chiffre emblématique de 500 morts en 2005)

Le 05 Février 2005, le Président Eyadema GNASSINGBE décédait subitement après 38 ans de règne sans partage. Le Togo, on ne l’oubliera pas de si tôt, ployait sous la chape de plomb d’une dictature impitoyable qui ne faisait pas dans la dentelle.

Dès l’annonce de cet événement inattendu qui n’a laissé personne indifférent, l’armée a pris le devant pour faire allégeance à M. Faure GNASSINGBE, fils du défunt Président, en lui confiant le pouvoir.

Cet acte gravissime et illégal de l’armée a soulevé un tollé général sur le plan national aussi bien qu’international.

De partout, les protestations fusaient. Face à cette levée de boucliers généralisée, des solutions un peu tirées par les cheveux ont été tentées au niveau de l’Assemblée Nationale. En vain. Il avait fallu se rendre à l’évidence.

Et de guerre lasse, M. Faure GNASSINGBE a été obligé, au bout de 20 jours d’intenses pressions, de jeter l’éponge le 25 février 2005 en démissionnant.

Cette démission a ouvert la voie à l’organisation, le 24 avril 2005, d’un scrutin présidentiel qui s’était déroulé relativement dans le calme, sans incident majeur contrairement à la thèse généralement accréditée.

Faure GNASSINGBE était, à l’époque, candidat face à M. Emmanuel Bob AKITANI du parti UFC de Gilchrist OLYMPIO. Ce dernier faisait office de candidat unique de la coalition pour la première fois dans les annales politiques togolaises.

C’est seulement après la proclamation des résultats qui donnaient Faure GNASSINGBE vainqueur que la violence a simultanément éclaté sur toute l’étendue du territoire national. Cette victoire, une fois annoncée, a été l’élément catalyseur déclencheur de la violence sous toutes les formes, preuve que tout a été planifié dans le but de conquérir le pouvoir coûte que coûte, au besoin, par voie insurrectionnelle.

Comme conséquence à cette vague de violences orchestrées et méticuleusement préparées par la coalition de l’opposition composée des mêmes hommes qu’aujourd’hui à savoir :

–   Jean-Pierre FABRE

–   Me AGBOYIBO

–   le Prof. Léopold GNININVI et consorts, le Président Faure GNASSINGBE n’avait d’autre choix que de mettre en place, par Décret N° 2005-050/PR du 25 mai 2005, une Commission Spéciale Nationale d’Enquête Indépendante pour tirer les choses au clair. Cette commission a été présidée par Me Joseph Kokou KOFFIGOH, ancien Premier Ministre de la Transition.

Mais, avant que ladite Commission Spéciale ne soit fonctionnelle, l’ONU, dans la foulée, a dépêché sur place M. Doudou DIEGNE à la tête d’une commission d’établissement des faits. Les membres de cette mission que la Commission Spéciale d’Enquête avait rencontrés, ont séjourné tout au plus un mois sur place.

En revanche, la Commission Spéciale d’Enquête a travaillé du 24 mai au 10 novembre 2005 soit environ 6 mois avant de publier son rapport.

Le drame, pour notre pays, c’est que M. Doudou DIEGNE a conclu, à l’issue de sa mission, qu’il y avait eu 500 morts pendant le processus électoral. En réalité, il n’y avait rien de plus farfelu que ce faux chiffre devenu désormais emblématique. Ce chiffre de 500 morts a toujours été opposé au pouvoir togolais parce que considéré comme le résultat de l’enquête de l’ONU. Et Faure GNASSINGBE le traine encore comme un boulet. Ce qui est tout simplement injuste.

D’où vient donc ce fameux chiffre ? Il suffit de lire le mémorandum confidentiel de la coalition ADDI – CAR – CDPA – UDS-TO – UFC sur l’entretien du vendredi 17 juin 2005 entre la coalition de l’opposition et la Mission des Nations-Unies de vérification des violations des Droits de l’Homme au Togo, entre le 05 Février 2005, et le 05 Mai 2005, pour comprendre le subterfuge.

Le mémorandum dont notre rédaction s’est procuré un exemplaire, est un gros tissu éhonté de mensonges.

La coalition d’alors a inventé, de toutes pièces, des chiffres qui ne correspondaient à aucune réalité et Doudou DIEGNE s’était contenté d’en faire siens. A l’époque, Faure GNASSINGBE ne pouvait rien opposer parce qu’il attendait le résultat des investigations de la Commission Spéciale d’Enquête pour se prononcer.

Au lieu de faire preuve de responsabilité, Doudou DIEGNE a fait endosser par l’ONU le chiffre de 500 morts que la coalition lui avait refilé, par ricochet, grâce à son mémorandum truffé de chiffres imaginaires. Et le tour était joué.

Mais là n’est pas le problème. Ce que personne n’a compris et qui est révélateur de la personnalité lâche de KOFFIGOH, c’est que le 10 Novembre 2005, la Commission Spéciale d’Enquête Indépendante a rendu public son rapport en organisant une conférence de presse dans des circonstances inadéquates, sans remettre à la presse la version écrite (papier) dudit rapport. Les journalistes ont été renvoyés à l’internet tout bêtement.

Ce jour-là, c’était la nuit noire du Togo. KOFFIGOH n’a pas eu le courage, l’honnêteté intellectuelle et morale de démentir publiquement et fermement le chiffre de 500 morts donné par Doudou DIEGNE puisque, après plus de 6 (six) mois d’investigations, de recoupements, de vérifications et de déplacements au Bénin et au Ghana dans les camps de réfugiés, la Commission Spéciale n’a trouvé que le chiffre de 154 morts. KOFFIGOH a été incapable de défendre médiatiquement son chiffre pour la manifestation de la VERITE. Un véritable gâchis qui a semé la confusion dans le monde entier.

Au jour d’aujourd’hui, les griots de RFI, avec le soutien de leur valet local, nous jettent ce chiffre en pleine figure comme un épouvantail. Cas tout récemment de l’interview entre Christophe Boisbouvier et Gilbert BAWARA sur les antennes de RFI. Boisbouvier se réfère encore à 2005 comme si 2010 et 2015 n’ont jamais existé.

Devons-nous comprendre que le service Afrique de RFI, véritable laboratoire de déstabilisation de notre continent, persiste et signe dans sa mission de destruction ? Tout porte à le faire croire.

Mais, au lieu de nous en prendre toujours à l’Occident et ses médias en mission commandée, prenons nous en d’abord à nous-mêmes.

KOFFIGOH, dans ce dossier, a commis un gâchis. Il a manqué à son devoir de citoyen honnête et patriotique. Il était prêt à défendre, en tant qu’Avocat, GBAGBO en Côte d’Ivoire, mais non Faure pour des raisons propres à lui.

KOFFIGOH a péché par opportunisme. Il était le seul à pouvoir rejeter ce chiffre et inverser la tendance. Il ne l’a pas fait. Et pour cause. L’histoire le jugera le moment venu pour avoir failli par omission.

Nous reprenons, pour nos lecteurs, le rapport de la Commission Spéciale d’Enquête Indépendante que KOFFIGOH a étouffé à dessein. Il a raté le rendez-vous avec l’histoire. C’est triste et dégoûtant.

Rodrigue

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