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Le Gouvernement a adopté le statut particulier des enseignants

Éducation : Vers une sortie définitive de la crise qui paralyse l’enseignement public ?

L’un des décrets adoptés le mardi 28 août 2018 par le Gouvernement réuni en conseil des ministres est relatif au statut particulier des enseignants qui « consacre la protection et la valorisation de la fonction enseignante » d’après le communiqué sanctionnant le conseil des ministres.

Toujours selon le communiqué, le statut particulier adopté « professionnalise le métier d’enseignant, précise et clarifie les différents corps dans ce métier, fixe les règles d’éthique et de déontologie et réglemente les évolutions de carrières, les droits et avantages ainsi que le régime disciplinaire et les obligations ». « C’est le fruit d’un long processus de dialogue et de concertation entre le gouvernement et les organisations syndicales, notamment les fédérations des syndicats d’enseignants, avec l’implication et la contribution de tous les acteurs du système éducatif togolais », souligne-t-on entre autres.

Pour notre part, nous nous félicitons de cette initiative qui, à terme, permettra de mettre fin aux récurrents mouvements de grèves observés depuis quelques années dans le secteur de l’éducation.

En attendant de nous procurer le document obtenu après moult discussions et tensions entre le corps enseignant et le Gouvernement afin d’en apprécier la quintessence, la question se pose de savoir si ce décret suffira pour juguler la crise qui prévaut sans cesse dans l’enseignement public ?

Cette question vaut son pesant d’or lorsqu’on sait que les mots d’ordre répétitifs de grèves dans l’enseignement public ont toujours eu comme conséquence directe la paralysie de tout le secteur éducatif pendant l’année scolaire écoulée. En effet, les grèves des enseignements du public ont entraîné, de tout temps, des manifestations de rues des élèves qui ont débordé dans les établissements scolaires privés où les cours se poursuivent souvent de manière régulière sans interruption. C’est le lieu de dire que l’instrumentalisation des élèves par les enseignants qui brandissent la menace de ne pas revenir sur les cours qui devaient être dispensés durant la période de grève doit cesser. Cette instrumentalisation malsaine a toujours donné une toute autre dimension au bras de fer qui oppose le Gouvernement et les responsables des mouvements syndicaux issus de l’enseignement public.

Certes, l’heure n’est pas au bilan mais une petite rétrospective nous permet de dire que si les mouvements d’humeur des enseignants des établissements primaire et secondaire du public se durcissent autant à chaque fois telle une hydre, créant un front social agité, c’est parce que le Gouvernement a parfois versé dans le dilatoire au point de laisser son propre piège se refermer lui. On a plusieurs fois assisté à la posture du Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Reforme administrative, Gilbert  BAWARA, qui, dans un premier temps, refuse de reconnaître la légalité de certains syndicats d’enseignants avant de se raviser. Sur ce point précis, nous tenons à dire qu’il a péché par orgueil. Lorsqu’on est au service du peuple, l’on doit faire preuve d’ouverture et d’accessibilité pour être à l’écoute de tous les interlocuteurs qui se présentent. Aussi lassants soient-il.

Dans un tout autre registre, les syndicats des enseignants doivent éviter d’abandonner la proie pour l’ombre dans leur quête pour de meilleures conditions de vie et de travail. En effet, il est notoire de constater, ces derniers temps, que les principales causes des revendications des enseignants, ne touchent pas directement leurs salaires qui ont été nettement revus à la hausse mais portent sur les primes et indemnités. Ce qui, à notre avis, est une aberration puisque c’est la principale raison qui sous-tend les grèves intempestives auxquelles on a assisté pendant l’année scolaire qui vient de s’écouler. Ce ne sont pas les élèves de l’enseignement public qui nous démentiront. Eux qui ont payé un lourd tribut dans la guéguerre qui a opposé leurs enseignants au Gouvernement et qui ont, à leur corps défendant, dû se contenter de polycopies des cours et de séances de rattrapage au dernier trimestre.

En définitive, avec l’adoption du statut particulier des enseignants, on peut dire que tout est bien qui finit bien. Nous osons croire que les différents acteurs de l’éducation privilégieront désormais la table de réflexion pour mener à bout les réformes nécessaires afin de sortir le système éducatif une bonne fois pour toutes de l’ornière.

Julles

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