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La coalition s’enfonce définitivement dans la boue.

Le non-sens des manifestations populaires : Le prix du jusqu’au-boutisme

Au regard des derniers développements de la tension politique observée dans le pays, il ne fait nul doute, sauf cas de force majeure, que nous nous dirigeons vers des élections législatives sans la coalition de l’opposition de même que vers un référendum pour trancher le débat sur les réformes politiques. La raison apparente de cet état de fait est que les acteurs politiques n’arrivent pas à accorder leurs violons sur la question relative à la rétroactivité de la loi d’autant plus qu’en un an et plus de tension sociopolitique, une seule phrase de l’article 59 de la Constitution dans sa version originelle, est devenue le nœud gordien qui cristallise toutes les attentions entre les protagonistes. Chaque camp y allant de son interprétation.

Après les manifestations simultanées qui ont jeté à la fois dans les rues de la capitale et à l’intérieur du pays, les militants de l’Union pour la République (UNIR) et les sympathisants de la C14 et d’autres partis politiques de l’opposition les 6 et 20 septembre 2017, la preuve a été définitivement faite que l’opposition n’a pas le monopole de la rue comme elle aime souvent le prétendre. A plusieurs reprises, les manifestations du pouvoir et de l’opposition ont drainé des milliers de sympathisants dans un camp comme dans l’autre. En temps normal, un responsable avisé de l’opposition aurait pu tirer les leçons de cet échec pour mieux se pourvoir à l’avenir. Mais puisque nous sommes au Togo avec une opposition atypique qui n’apprend jamais des erreurs du passé, les leaders de la C14 s’obstinent à ne pas agir à l’aune des faits. Ils n’ont pas retenu la leçon selon laquelle ils n’ont pas le peuple entier derrière eux mais seulement des populations. Autrement, on ne peut expliquer pourquoi ces derniers temps, ils ont encore tenu à organiser des manifestations successives les 29 et 30 novembre ainsi que le 2 décembre dernier et une journée « Togo mort » le 4 décembre qui n’ont d’ailleurs eu aucune répercussion sérieuse sur l’ordre normal des événements.

            Par ailleurs, en remettant en cause la volonté manifeste de la communauté internationale qui appelle la classe politique togolaise à participer aux législatives prévues pour le 20 décembre 2018, cette même frange de l’opposition togolaise s’enlise dans le dénigrement et la surenchère. En aucun cas, aucune puissance étrangère, fut-elle acquise à leur cause, ne cautionnera, sans raison valable, leurs exigences qui impliquent de facto le non-respect de la feuille de route édictée par la CEDEAO et les lois démocratiques en vigueur au Togo. C’est pourquoi lorsque Mme Brigitte ADJAMAGBO-JOHNSON, coordinatrice de la Coalition, parle d’incohérence de la communauté internationale et réfute catégoriquement le communiqué de la CEDEAO qui proscrit toute forme de violence, elle met à nu la volonté cachée de la coalition de plonger le pays dans une crise socio-politique avérée pour faire un saut en arrière de 30 ans. Ce qui ne passera pas.

            En se complaisant dans ses errements par des exigences irréalistes après plus de 28 ans de lutte sans succès, il est évident que désormais, l’opposition en général et la C14 en particulier, a perdu ses repères et s’enfonce dans la boue. Le comble c’est que les formations politiques réunies au sein de ce regroupement, n’existent que de nom puisqu’en dehors de leur allégeance à Jean-Pierre FABRE, l’apôtre du boycott, aucune action positive d’envergure n’est à mettre à leur actif ne serait-ce qu’au niveau parlementaire.

Même si le président du PNP, Tikpi ATCHADAM, se targue d’avoir su raviver la ferveur de la lutte démocratique des années 90 suite aux événements du 19 Août 2017, on se rend compte, avec du recul, qu’il n’a, somme toute, fait que jouer sur la fibre ethnique et religieuse de ses frères et sœurs.

Nous faisons, pour notre part, le triste constat selon lequel les chances d’aboutir à l’alternance politique sont sérieusement compromises sinon inexistantes pendant des années voire la décennie à venir parce que l’opposition a mis la barre trop haut et ne fait rien pour réunir les conditions d’une alternance apaisée.

En acceptant de suivre FABRE dans ses lubies et ses dérives, la coalition de l’opposition a montré ses limites. Tout se passe comme si les responsables des partis politiques sont tout simplement en perdition. Ils n’ont aucune vision de l’avenir. Ils ne nourrissent aucune ambition véritable pour le pays. Ils tournent à vide. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’une élection est proche, ils courent dans tous les sens et brandissent tous les arguments pour boycotter ou taxer le pouvoir en place de machine à fraudes. Cette façon de faire la politique est lassante et désespérante

Depuis l’arrivée de Faure GNASSINGBE au pouvoir, l’opposition se présente toujours aux divers scrutins dans l’impréparation totale. Et le résultat est connu de tous. C’est ce qui risque d’arriver une fois de plus avec les législatives en vue.

Paradoxalement, les responsables de l’opposition n’hésitent pas à sauter sur toutes les occasions pour crucifier le pouvoir. La diabolisation, le populisme exacerbé, la démagogie érigée en stratégie de combat politique sont leur crédo.

Aussi vrai que nous sommes loin des temps où, on accusait le pouvoir-RPT d’avoir tendu un piège à l’opposition conformément à la stratégie de « diviser pour mieux régner », si tant est que les Togolais ont une fois mis leur confiance en cette opposition, ses responsables doivent redresser la barre et conjuguer leurs efforts afin d’éviter de tomber dans le piège de la violence qui ne nous mènera que vers des lendemains incertains.

Nous l’avons maintes fois répété dans nos colonnes. Il est illusoire de vouloir confondre Faure GNASSINGBE et son père EYADEMA et encore moins d’associer le parcours de ces deux hommes.

            De tout temps, Faure a œuvré dans le sens de la décrispation du climat politique et de l’instauration de la paix sociale. La plupart des dirigeants africains et des pays occidentaux ont fini par réaliser qu’en dépit des propos de ceux qui tentent de faire croire le contraire, le Chef de l’Etat n’était directement et personnellement pas responsable de la situation critique que traversait le pays avant son élection en 2005. Au contraire, il a convaincu, après 13 ans d’exercice, qu’il veut solder le passif de son père et même au-delà. Et nombreux sont ceux qui l’ont accompagné dans sa noble quête. La reprise de la coopération avec les partenaires en développement et ses succès sur le plan diplomatique sont là pour en témoigner.

            Il est déplorable de constater que c’est sur sa filiation et le système dont il a hérité que s’attardent les opposants de toujours en l’occurrence FABRE, pour remettre en cause les actes que le Chef de l’Etat pose chaque jour. Lorsque l’opposition parle de 50 ans de règne du régime en cumulant les mandats de Faure et son père, de RPT-UNIR et autres arguties ressassées à leurs militants et reprises par une certaine presse au fil des années, que cherche-t-on réellement à prouver ?

            Au lieu de créer les conditions pour l’alternance politique en s’offrant les moyens de leurs ambitions, ces politiciens irresponsables et incapables tentent, vaille que vaille, de miser sur la pression populaire comme si c’était leur seule planche de salut. Et, à force de gratter au même endroit, la mayonnaise a fini par prendre, pendant un moment, d’autant plus que les partis d’opposition ont semé une certaine confusion au sein de l’opinion. En témoignent les analyses tendancieuses faites par une presse à sensation nationale et internationale qui n’hésitent pas à tirer à boulet rouge sur le pouvoir tout en passant sous silence les errements et les bourdes de leurs adversaires politiques. Mais en définitive, la majorité des Togolais n’est pas dupe.

            Une chose est sûre et réconfortante. Faure ne se laissera pas déborder, par naïveté, face aux radicaux de l’opposition qui refusent de tenir un langage de vérité à leurs militants et le peuple tout entier.

            Le mensonge érigé en dogme a déjà entrainé le scepticisme et le crétinisme ambiant au sein des masses populaires. Ceux qui se complaisent dans cette posture doivent s’attendre à l’effet boomerang tôt ou tard.

En exigeant le report des élections du 20 décembre prochain alors qu’ils ont refusé eux-mêmes d’envoyer leurs représentants siéger à la CENI, les leaders de la coalition de l’opposition ont montré leur vraie face et surtout la duplicité qui les anime. Ceux qui choisissent de les suivre dans leur quête effrénée et insensée du pouvoir doivent savoir à quoi s’attendre au bout du compte.

Pour notre part, au Combat du Peuple, nous restons convaincus que l’alternance politique ne se réalisera dans notre pays que lorsque les conditions seront réunies pour ce faire. Toute autre voie sera suicidaire et risque de conduire assurément vers l’aventurisme.

Le Togo se bâtira par des Togolais et non par des étrangers qui ont d’autres chats à fouetter. Le Togo est un pays désormais normalisé. Ceux qui passent leur temps à prophétiser l’apocalypse et à ressasser des souvenirs douloureux afin d’attirer l’attention de l’opinion internationale, doivent savoir raison garder. Car, nous ne devons pas creuser notre propre tombe. Nous devons réfléchir et surtout agir en respectant les règles que nous nous sommes fixées. C’est la seule option susceptible de nous assurer un avenir meilleur.

Julles

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