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La démocratie de l’exclusion : FABRE sur la corde raide.

Exercice de style : Les conséquences du parricide

Le Togo, notre pays est actuellement à la croisée des chemins. Nous vivons, sur le plan politique, dans un climat fait d’amalgame et de confusion.

Même les facilitateurs de la CEDEAO et surtout leurs représentants au Comité de suivi n’y voient que du feu. Ils ont un mal fou à démêler les fils de d’écheveau. Et pour cause.

Le chef de file de l’opposition, M. Jean-Pierre FABRE, président de l’ANC, n’est pas un homme facile à décrypter parce qu’il veut toujours une chose et son contraire à la fois. D’où les blocages de tous les instants qui empêchent toute avancée politique au Togo.

  1. FABRE se proclame démocrate. Il s’est fait élire à l’Assemblée Nationale, haut lieu de la démocratie partout dans le monde. Paradoxalement, il déteste les débats contradictoires et préfère toujours agir en dialoguant en dehors de l’hémicycle pour trouver un consensus. Le président de l’ANC n’admet pas que la majorité lui impose sa vision dans l’hémicycle par le jeu démocratique. C’est pourquoi malgré l’existence en bonne et due forme d’un Parlement où siègent plusieurs partis politiques, FABRE a toujours préconisé un autre lieu pour les débats politiques sous l’égide des facilitateurs, de préférence étrangers, quitte ensuite à demander au Parlement national d’entériner les décisions prises.

Pour Jean-Pierre FABRE, il s’agit d’un exercice de style permanent en politique. Cette démarche atypique qui n’existe, nulle part au monde, est l’expression de la démocratie d’exclusion dont il est le chantre.

Dans l’approche que nous décryptons, il ne s’agit pas, à notre avis, d’un conflit de personnes mais plutôt de visions dans un processus démocratique.

Depuis 1991, après la Conférence Nationale dont il était membre du bureau, le sieur FABRE a toujours voulu écarter de la scène politique les partis qui n’adhèrent pas à sa stratégie permanente d’insurrection. Et pour parvenir à sa finalité qui demeure toujours la même, à savoir : la conquête du pouvoir par les manifestations de rues. Son crédo reste, pour ce faire, la personnalisation exacerbée du débat politique et pour lui, lorsqu’une idée ne lui convient pas, elle a nécessairement vocation à être combattue et disparaître surtout si cette idée émane d’un adversaire politique exécré.

Pour réussir son pari fou, il n’a pas hésité, le moment venu, à provoquer l’implosion de l’UFC pour s’accaparer du parti de son mentor. C’est ainsi qu’il a commis un parricide en décrétant la mort politique de son bienfaiteur, celui-là même qui l’a projeté sur la scène politique et au nom de qui il avait rayonné par procuration ou par usurpation.

En définitive, sa lutte pour se débarrasser de Gilchrist OLYMPIO ayant échoué parce qu’il s’agissait d’un combat entre le pot de fer et le pot de terre, il a créé l’ANC, une véritable usine de fabrication de crises dont la matière première est la violence avec, à la clé, des propos virulents émaillés d’invectives toujours déclamés sous forme d’ultimatums non négociables.

Après son parricide, son ex-mentor dont il avait voulu s’affranchir et qui le connaissait mieux que quiconque, l’avait traité sur les antennes de RFI de FOUGUEUX. Et Dieu sait qu’il avait raison. Les faits, aujourd’hui, le prouvent.

En réalité, FABRE est un vendeur d’illusions. Aux yeux de l’opinion, il aime se présenter comme un messie qui a pour mission de délivrer le Togo de la dictature. Mais, somme toute, c’est un faux puisqu’il a toujours des idées derrière la tête pour écarter les autres et tirer personnellement son épingle du jeu. Il n’a nullement vocation à libérer un peuple pour qui il n’a que du mépris parce qu’il n’a pas été éduqué dans le giron du patriotisme.

Autrement, dans quel pays, a-t-on déjà vu un vrai démocrate mettre à l’infini des obstacles à l’organisation d’une élection législative ? Au lieu de se battre, point par point, pour éliminer progressivement les possibilités de fraudes, il opte pour le boycott en exigeant de tout reprendre à zéro alors que les sommes investies proviennent des contribuables togolais. Qui finalement sera comptable du gâchis financier si ce n’est ses adversaires qui sont au pouvoir ?

Ce que nous constatons, c’est que FABRE ne changera jamais parce qu’il reste toujours égal à lui-même. Il n’a plus de nouvelles cartes politiques à jouer parce qu’il a déjà usé toutes celles qu’il avait en main depuis les années 90.

Désormais, il doit s’attendre à l’effet boomerang.

En effet, le Togo est en plein essor parce que, en mouvement, même si dans la tête de FABRE, rien ne bouge. C’est le drame. Se taire n’est donc plus possible.

Le Président Faure doit prendre des décisions hardies pour faire avancer le pays.

Ce n’est pas la pseudo crise qui nous interpelle. C’est ses répercussions sur les Togolais. Ils subissent de plein fouet les défaillances des acteurs politiques. Et il y a une certaine indécence dans la manière dont la C14 traite les partis politiques qui n’adhèrent pas à la vision insurrectionnelle élaborée par ceux qui passent le plus clair de leur temps à chercher des alibis pour créer une hypothétique crise qui ne prospère que dans leur esprit.

Qu’on le veuille ou pas, le Togo est un pays en pleine mutation. Peu importe le rythme. Nous devons tenir compte de ce paramètre et œuvrer dans ce sens.

Avec la délocalisation de la 3e réunion du comité de suivi de la CEDEAO à Conakry, la preuve vient d’être faite, une fois encore, que les Togolais ne sont pas capables de résoudre le moindre de leurs problèmes. Comment un pays souverain peut-il ainsi dépendre de l’extérieur par la seule volonté d’une coalition stérile et usurpatrice des droits des autres partis. On se bat à cause d’un siège alors qu’on revendique 8 sièges et qu’on en a obtenu 7. C’est absurde.

Nous devons apprendre à transcender nos divergences voire nos antagonismes pour briser le cercle vicieux de l’enlisement parce que les autres aussi ont leurs préoccupations.

Aujourd’hui, la liberté d’expression et, par ricochet, la liberté de la presse n’est pas un vain mot au Togo.

Nous devons profiter de cet acquis essentiel et précieux pour élever le niveau du débat contradictoire. Car, ce qui est insupportable, c’est les discours alarmistes qui consistent à faire croire que notre pays est, par nature, victime de la famille GNASSINGBE. En tout état de cause, ce n’est pas la même cause qui freine l’avancée de la démocratie dans les autres pays africains ou ailleurs dans le monde. C’est dire que notre pays est plus victime de la désinformation qui est au cœur de la stratégie de conquête du pouvoir partout dans le monde. On se sert du peuple qu’on a sodomisé et on arrive au pouvoir pour appliquer des programmes démentiels. Le cas de TRUMP aux USA.

Ce qu’il faut privilégier, c’est de faire en sorte que l’homme soit au centre des préoccupations de nos dirigeants et de leurs opposants. Le peuple togolais ne peut pas et ne doit pas être pris en otage à cause des rêves et chimères de FABRE. Il est temps de comprendre que FABRE est désormais sur la corde raide et qu’il joue sa dernière partition, celle de sa survie politique.

Si l’idée de base qui a sous-tendu la création de la C14, c’est le départ de Faure GNASSINGBE du pouvoir, il vaut mieux faire le constat d’échec et passer à quelque chose de plus réaliste. Autrement, c’est la voie d’impasse pour la C14 parce que les objectifs poursuivis sont inaccessibles.

Rodrigue

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