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L’assassinat du journaliste Ahmed HUSSEIN-SUALE interpelle tous les professionnels des médias

Médias : Le Ghana désormais assis sur un banc déshonorant

C’est avec ahurissement et désolation que nous avons reçu la triste nouvelle de l’assassinat du journaliste ghanéen d’investigation Ahmed HUSSEIN-SUALE, le mercredi 16 janvier courant à Accra (Ghana).

L’information est d’autant plus stupéfiante que les faits se sont produits dans un pays réputé en pole position en Afrique (23e sur 180 pays dans l’indice mondial 2018 de la liberté de la presse).

D’après nos informations, feu HUSSEIN avait pris une part prépondérante dans les investigations qui ont abouti à la diffusion d’un documentaire retentissant publié sur Twitter et intitulé « Number 12 ». Il s’agit d’un douzième film en caméra cachée d’Anas qui a montré des arbitres qui acceptent des pot-de vin pour truquer les matchs de football. Ce documentaire « Number 12 » a provoqué la suspension de près d’une centaine d’arbitres africains et la dissolution des comités permanents de la Fédération ghanéenne de football.

Le journaliste assassiné avait reçu plusieurs fois des menaces de mort avant d’être abattu par deux hommes à moto encore non identifiés. Il a reçu deux balles dans la poitrine et une dans le cou. Il est mort sur le coup.

Voilà pour les faits.

Ceci dit, cet odieux assassinat doit interpeller tous les professionnels des médias, à plusieurs titres. Car, ce crime odieux apporte une fois encore la preuve, si besoin est, que le métier de journaliste est un métier à hauts risques. Les journalistes sont des cibles permanentes de ceux qu’ils dénoncent. Ils doivent le savoir et faire conséquemment preuve de vigilance et d’extrême prudence.

En l’espèce, il s’agit d’une véritable coalition internationale. C’est de la méchanceté humaine éprouvée. Les arbitres corrompus et autres dirigeants du football sont de la même race, à travers le monde. Ils se sont ligués pour régler le compte à un journaliste qui a osé. Malheureusement, ils ont réussi à avoir sa peau pour atteindre leur finalité macabre qui est de supprimer la vie d’un homme parce qu’il a fait un travail de détricotage qui a abouti à la mise à nu d’un réseau mafieux international.

Par ailleurs, les journalistes doivent retenir qu’ils ne seront jamais mieux protégés que par eux-mêmes. Ils doivent toujours prendre d’extrêmes précautions pour éviter de tomber dans le piège des tueurs qui les guettent à chaque coin de la rue.

Notre confrère HUSSEIN est mort sur le champ de bataille, arme à la main. Il est mort pour que vive le journalisme. Il est mort pour la noblesse du métier : son sacrifice ne doit pas être vain. Au contraire, sa mort doit nous renforcer dans notre détermination permanente à dénoncer, dans la rigueur professionnelle absolue, sans abnégation, tous ceux qui, ici ou ailleurs, s’organisent pour détruire la société en faisant de la corruption et de l’impunité leur leitmotiv. Nous devons redoubler d’ardeur pour traquer ceux qui ont des choses sales à cacher.

Nous faisons confiance aux Autorités ghanéennes pour dénouer l’écheveau de ce crime le plus vite possible et permettre à la justice de châtier les auteurs de cet acte inqualifiable.

Nous resterons vigilants et toujours debout quoi qu’il arrive. Si nous tombons, d’autres reprendront le flambeau. Inch Allah.

Rodrigue

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