Justice

L’incarcération du Sieur Assiba Johnson est dans l’ordre des choses.

Justice et vérité : La propagation de fausses nouvelles est punie par la loi

L’arrestation le 4 Avril 2018 et la mise sous mandat de dépôt le vendredi 6 Avril courant du Sieur Assiba Biova Johnson, président du Réseau des Jeunes Africains pour la Démocratie et le Développement (REJADD) sont dans l’ordre des choses.

En effet, il est temps pour les uns et les autres de savoir et de retenir que la diffusion ou la propagation de fausses informations tombe sous le coup de la loi et tout citoyen qui s’aventure sur ce terrain doit s’attendre à la rigueur des Autorités compétentes en la matière.

Nous tenons à préciser que l’incarcération du Sieur Assiba Biova Johnson est un passage obligé si nous voulons œuvrer pour une démocratie vraie dans notre pays. Puisque la démocratie ne doit pas être synonyme de la chienlit.

Ce n’est donc pas parce que quelqu’un s’affuble du titre de président d’un réseau, qu’il a le droit de se livrer à toutes sortes d’intoxications de nature à mettre l’équilibre même de notre pays en péril en semant la confusion et la peur dans les esprits. Cela s’appelle manipulation ou instrumentalisation de l’opinion.

En l’espèce, nous sommes devant une situation assez claire.

Depuis le 19 Août 2017, le PNP, le parti politique de Tikpi Atchadam, a déclenché une véritable guérilla politique contre le pouvoir. Si seulement cette guérilla politique n’est pas émaillée de tant de violences, de vandalisme et de barbarie et n’est pas caractérisée par une intolérance exacerbée, on comprendrait.

Malheureusement, ce n’est pas le cas. Et c’est déplorable, puisqu’il y a eu morts d’hommes. Lorsqu’on veut arracher le pouvoir par la voie insurrectionnelle, c’est dire qu’on veut commettre une action d’éclat. Il faut nécessairement et inévitablement s’attendre à une réaction. Même si cette réaction est disproportionnée, il faut absolument établir, sans état d’âme, les relations de cause à effet.

Il ne faut jamais oublier que nous sommes sur un terrain politique où tout est fondé sur le rapport de force.

En l’espèce, il s’agit des faits politiques d’actualité. On se rappelle que le 19 Août 2017, le Sieur Tikpi ATCHADAM avait annoncé sur les médias internationaux, entre autres, RFI, le chiffre de sept (7) morts rapidement rectifié par le Ministère de la Sécurité qui avait donné et maintenu le chiffre de (2) deux morts qui s’était avéré juste.

Lorsqu’on voit l’écart de 5 par rapport au chiffre fourni par l’opposant, il faut faire preuve de prudence au moment de la collecte de l’information.

Notre compatriote M. Johnson aurait choisi de se rendre sur le terrain pour porter secours à des victimes de la répression. C’est ce qu’on a écrit. Il a dû, à son corps défendant, quitter les lieux précipitamment parce qu’il était lui-même recherché. Il n’a donc pas eu le temps matériel suffisant pour s’assurer des réalités du terrain. En donnant le chiffre de cent (100) morts dans son rapport publié sur ces événements douloureux mais fondamentalement et éminemment politiques, il a osé. Car, le chiffre de 100 morts est très très exagéré. Qui plus est, le pire c’est qu’il s’était servi dans son rapport des images truquées et tronquées véhiculées sur les réseaux sociaux depuis des mois. Et pour cause. Compte tenu du premier couac de Tikpi ATCHADAM, le Gouvernement, par le biais du Ministre de la sécurité, a pris soin de publier au fur et à mesure, à l’issue de chaque manifestation, les chiffres concernant les morts et les blessés. Et à aucun moment, l’opposition n’a contesté ou démenti les chiffres officiels.

La presse également compile pour sa part les chiffres publiés et suit de très près ce qui se passe. Donc, le presse peut aussi porter témoignage.

Certes, M. Johnson a le droit de publier un rapport, mais il doit faire preuve de rigueur dans sa démarche. Un défenseur des droits humains n’est pas au-dessus de la loi.

Un défenseur des droits de l’homme n’a pas pour rôle de publier sans raison impérative un rapport dont le contenu n’est pas vérifié. Face à ce constat, tous ceux qui pensent que tout leur est permis, doivent retrouver le bon sens notamment son Avocat, Me Claude AMEGAN, qui estime qu’il fallait laisser son client en liberté pour apporter les preuves de ses allégations alors que le contraire serait plutôt indiqué.

En 2005, après la publication des résultats de l’élection présidentielle, le Togo et particulièrement les régions maritimes et des Plateaux s’étaient embrasées. Les forces de sécurité étaient débordées. Le Gouvernement intérimaire sous le Président Abass BONFOH a pris un décret pour réquisitionner l’armée en vue de rétablir l’ordre. En trois jours, la cause était entendue. Dans la foulée c’est-à-dire au moins une semaine après, la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), sous la houlette et l’inspiration de M. Togoata APEDO-AMAH, à l’époque Secrétaire Général de cette organisation, a rendu public un rapport accablant en donnant le chiffre de 1.000 morts sans aucune preuve.

Ce chiffre a été revu à la baisse dans un mémorandum confidentiel remis par la coalition des partis politiques créée à cette époque à M. Doudou Diène, envoyé spécial des Nations Unies chargé d’un rapport d’établissement des faits. Dans ce mémorandum, la coalition a retenu 500 morts que Doudou Diène a vite fait d’entériner après moins de trois semaines de travail sur le terrain. Résultat, ce chiffre de 500 morts a été, par la suite, endossé, sans hésitation, par l’ONU et notre pays le traine comme un boulet jusqu’aujourd’hui. 500 morts, un chiffre faussement emblématique.

Et, malgré le fait que toutes les autres commissions d’enquête voire la CVJR qui ont sérieusement planché sur ces événements, n’ont jamais confirmé ce chiffre, le mal était fait, définitivement fait. C’est pourquoi dorénavant, il faut faire preuve de vigilance et punir sévèrement tous ceux qui veulent jeter notre pays en pâture sur le plan international.

Lorsqu’on publie des chiffres sur des événements politiques, il faut réunir des éléments de preuve suffisants. Il faut posséder des indices sûrs fondés sur des sources bien informées et bien intentionnées.

Il s’agit d’une question de citoyenneté et de patriotisme. Car, nous partirons tous, mais notre pays le Togo restera avec son histoire. Il faudrait que ce soit la vraie, pas celle fabriquée de toutes pièces.

Rodrigue

 

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