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L’opposition dans la confusion, sème la zizanie.

Révision constitutionnelle : Le curseur, c’est la loi

« Si, si, si, le Togo bouge, mais les Togolais ne changent pas… » C’est la réflexion d’un observateur avisé de la scène politique togolaise qui pense que rien n’est encore perdu en dépit des surenchères et des amalgames de l’opposition.

Au jour d’aujourd’hui, l’opposition togolaise, dans la confusion totale, sème la zizanie pour justifier sa position injustifiable. Et cette posture risque de la conduire une fois de plus dans l’impasse comme toujours dans le passé.

En d’autres termes, l’opposition court dans un bateau en rade et ne pourra pas avancer face à un adversaire plus averti.

En exigeant, dans un appel public, la démission immédiate de Faure alors que le débat était en cours à l’Assemblée Nationale, l’opposition a basculé dans l’illégalité, puisque cet appel pour le départ de Faure du pouvoir tombe sous le coup de l’article 148 (version originelle) de la Constitution de 1992. On est fondé de dire qu’on ne peut pas vouloir une chose et son contraire à la fois. Ce serait faire preuve d’une étroitesse de vue. En l’espèce, tout doit être désormais une question de droit puisque les protagonistes de la scène politique n’arrivent pas à accorder leurs violons en de pareilles occasions.

Les gamineries politiques de Tikpi ATCHAM ne vont pas changer une réalité politique coriace qu’il faut savoir gérer en raison du rapport des forces.

Les prises de position du président du PNP relèvent tout simplement de la folie des grandeurs. Il est dans la logique d’un rêveur qui sème le bordel parce qu’il est gagné par l’euphorie.

En violant délibérément l’article 148, Tikpi ATCHADAM est susceptible d’être poursuivi à tout moment. Il le sait bien. C’est pourquoi il se cache. Il sait qu’il est en délicatesse avec la loi. Est-ce que ses partisans aussi le savent avant de le relayer ?

Dans la vie, il faut savoir que tout engagement a une facture. Paradoxalement, ATCHADAM refuse de payer la sienne et se comporte comme un chasseur qui tire avant de viser.

En sortant du cadre légal d’autant plus que son exigence ne repose sur aucun fondement juridique, Tikpi ATCHADAM a pris un virage suicidaire. Comme l’a si bien dit l’ancien Président américain, Abraham LINCOLN, on peut tromper tout le peuple une partie de temps. On peut tromper une partie du peuple tout le temps. Mais, on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps.

En réalité, l’Accord Politique Global avait enterré de facto, depuis 2006, la Constitution de 1992 dans sa version originelle. En se livrant à la surenchère, Tikpi a fait un saut dans l’inconnu.

Le peuple togolais n’est pas dupe. C’est un peuple sage qui croit profondément en la vertu de la paix. Notre tribun se trompe lourdement s’il s’imagine que les Togolais vont aveuglement le suivre dans la voie de l’aventurisme ; il se fait de l’illusion. Peut-être que les siens, comme les moutons de Panurge, peuvent l’écouter et céder aux chants de la sirène. Mais pas tous les Togolais en aucun cas.

A notre avis, en demandant à Faure GNASSINGBE de démissionner, l’opposition a avalé un caillou qu’elle ne peut pas digérer. Faire partir Faure par la rue constituera un précédent dangereux pour la démocratie que nous prônons.

Cette exigence est insensée parce que désormais le curseur, c’est la loi. Elle doit s’imposer pour sortir le pays de l’impasse. Car, l’article 144 de la constitution est sans ambiguïté. Il stipule : « De la révision constitutionnelle  :

L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République et à un cinquième (1/5ème) au moins des députés composant l’Assemblée Nationale.

Le projet ou la proposition de révision est considéré comme adopté, s’il est voté à la majorité des quatre cinquième (4/5) des députés composant l’Assemblée nationale.

A défaut de cette majorité, le projet ou proposition de révision adoptée à la majorité aux deux tiers (2/3) des Députés composant l’Assemblée Nationale est soumis au référendum …» Et qui dit référendum vise le peuple.

En l’espèce, le Chef de l’Etat est dans ses droits. Rien, ni personne ne peut s’opposer à son initiative au nom du peuple. Tout le monde prétend parler au nom du peuple. De quel peuple ? Celui de l’opposition incarné par ses militants qui manifestent dans la rue ? Ou de la majorité silencieuse, celle qui a élu Faure GNASSINGBE en 2015 ? Le peuple, on ne l’a jamais vu le chapeau sur la tête et une canne à la main. Il n’est pas quantifiable. Tout le monde a son peuple.

La loi est donc devenue le curseur pour départager les protagonistes de la scène politique. Faure a choisi la voie royale de la démocratie. L’honnêteté intellectuelle et morale nous commande de le reconnaître. Car, nous vivons à une époque d’équilbres fragiles où un mot mal choisi ou mal compris peut avoir des conséquences aussi désastruses qu’un acte irréfléchi.

Rodrigue

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