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L’opposition n’aura que des yeux pour pleurer

Togo : Politique : Réformes et Elections législatives : Le piège vicieux du boycott 

Au Togo, être journaliste, écrire un article pour évoquer l’actualité politique dont le caractère récurrent est avéré, est une gageure parce qu’il est  lassant de répéter la même chose.

En l’espèce, il faut avouer que l’exercice n’est pas du tout aisé parce que fastidieux, en raison de la stratégie du surplace de la coalition qui rechigne à transcender ses propres contradictions, pour des raisons évidentes de survie politique.

Il est souvent dit que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Malheureusement, les acteurs de l’opposition, les mêmes qui opèrent depuis 1990, n’ont pas tiré les leçons de leurs échecs cumulés, des rendez-vous historiques manqués et des atouts plusieurs fois gaspillés.

Depuis que la CEDEAO a décliné sa feuille de route, tout se passe comme si les mêmes démons ont réapparu et se sont emparés des responsables de la coalition. Après avoir, dans un premier temps, pris acte, la coalition fait un come-back spectaculaire en se focalisant sur la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Or, concernant cette structure qui est une puissance publique, la feuille de route recommande clairement un renforcement. Contre toute raison, la coalition parle de recomposition, comme si cela va de soi.

Les observateurs s’accordent pour dire qu’il n’existe aucune synonymie entre renforcement et recomposition. On est donc tenté de croire que la coalition a délibérément choisi de rejeter la feuille de route qui ne saurait connaître une application sélective puisqu’elle est un tout.

Parallèlement, la CENI qui a établi son propre chronogramme conformément à ses attributions, continue allègrement les préparatifs des élections sans coup férir.

Dorénavant, on attend la réunion du Comité de suivi de la CEDEAO pour acter les réformes constitutionnelles et institutionnelles en établissant un chronogramme de la mise en œuvre de la feuille de route, à ne pas confondre avec celui de la CENI. C’est à ce niveau que se situe la nuance qui permet d’entretenir la confusion dans l’opinion.

A partir de ce moment, la bonne foi de la coalition sera encore mise à rude épreuve. Si elle adhère au chronogramme de la CEDEAO, les réformes seront faites au niveau du Parlement et tout pourra rentrer dans l’ordre grâce à de petits accommodements.

En revanche, si la coalition et particulièrement l’ANC, oppose une fin de non-recevoir, elle risque de tomber dans le piège du boycott et n’aura finalement que des yeux pour pleurer. Car, en définitive, s’agissant des législatives, nous venons d’embarquer à bord d’un vol direct. Il n’y aura pas d’escale. Personne ou rien ne peut bloquer l’organisation des législatives le 20 Décembre 2018. Nous sommes donc fondés d’affirmer que la Coalition est au pied du mur.

Si boycott il y a, UNIR va rafler tous les sièges et fera à sa guise les reformes comme en 2002 dont l’antécédent doit nous servir de leçon.

Il ne sert donc à rien d’hystériser le débat comme sait si bien le faire l’égérie de la coalition, Mme ADJAMAGBO-JOHNSON.

Les responsables de la coalition devraient plutôt s’astreindre à une exigence de mémoire immédiate pour éviter les postures démagogiques, populistes et alarmistes stériles qui, à terme, ne feront que les culpabiliser.

Nous ne le dirons jamais assez, si la coalition n’a pas les moyens de prendre le pouvoir par le haut par le fait de la rue, elle doit s’organiser pour y parvenir par le bas en empruntant la voie des urnes.

Dans la vie, il faut avoir le mérite de se remettre en question pour pouvoir avancer et aller loin.

Au Togo, le crime de Faure c’est d’être le fils de son père et d’avoir fait plus de deux mandats.

On ne lui reproche pas d’avoir manipulé la constitution pour garder le pouvoir. On ne lui reproche pas d’avoir violé une loi de la République ou d’avoir posé un acte politique synonyme de casus belli. C’est tout le paradoxe togolais. Il faut donc approfondir la réflexion et changer le fusil d’épaule pour ne pas s’enfermer dans le cercle vicieux de l’alibi de blocage.

En ce qui nous concerne au Combat du Peuple, nous refusons de nous poser la question de la ligne rouge. Car, ce serait faire beaucoup de bruit pour rien.

 

Rodrigue

 

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