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Des manœuvres en cours pour divertir les Togolais de l’essentiel

 Situation politique au Togo : Les adeptes de la polémique stérile mis à nu

Sauf retournement de situation de dernière minute, le dialogue politique entamé le 19 février 2018 entre l’opposition entendu la Coalition des 14 partis (C14) et le parti au pouvoir sous la facilitation désignée par la CEDEAO, tend visiblement vers son épilogue. Et pour cause, au terme de la quatrième séance des discussions dirigée par les Présidents ghanéen Nana AKUFO-ADDO et guinéen Alpha CONDE le 27 juin dernier, il a été annoncé que la décision finale est attendue à la prochaine conférence des Chefs d’Etat de la CEDEAO prévue pour la fin du mois de juillet courant.

Tous les regards se tournent donc vers le prochain sommet qui permettra aux Togolais d’être clairement situés sur la position de la Communauté sous-régionale.

Cependant, avant d’en arriver là, il revient aux protagonistes de la scène politique togolaise de toujours privilégier la voie du dialogue, de faire montre d’ouverture d’esprit et de s’entendre sur l’essentiel pendant qu’il est encore temps, afin de trouver un terrain d’entente sur les points de désaccord qui plombent le dialogue politique depuis quatre mois.

Visiblement et sans vouloir jouer à l’oiseau de mauvaise augure, tout porte à croire qu’une telle éventualité n’est pas encore à l’ordre du jour vu que les acteurs politiques, de par les propos recueillis par-ci et par-là à la sortie des séances du 27 juin, n’ont pas encore pu transcender leurs divergences et réussir la prouesse d’accorder leurs violons depuis plus de dix mois. Nous restons malgré tout optimistes et nous osons croire que cette situation se décantera pendant les jours à venir afin que le pays puisse aller de l’avant.

Il convient de revenir sur un aspect qui a retenu notre attention au sortir des discussions du 27 juin. En effet, une polémique stérile est née autour du communiqué final lu par la facilitation à cause de l’interprétation tendancieuse que les uns et les autres en font. Il se trouve que les facilitateurs n’ont fait que renouveler leurs encouragements au maintien d’un dialogue constant entre l’ensemble des acteurs politiques togolais et convier l’ensemble des acteurs à œuvrer pour un dénouement heureux de la situation qui prévaut depuis le début des manifestations populaires le 19 août 2017.

Ce communiqué final dont le style diplomatique est d’une transparence cristalline, a malheureusement fait l’objet d’une instrumentalisation à outrance et d’une interprétation erronée. En effet, M. Jean-Pierre FABRE et ses lieutenants y ont plutôt vu un soutien de la CEDEAO à la Coalition de l’opposition contre le pouvoir togolais, une conception lourdement préjudiciable aux bonnes relations existant entre les facilitateurs et le pouvoir togolais. Et pourtant, cette coalition regorge d’universitaires chevronnés qui ont les facultés requises pour une meilleure lecture d’un compte-rendu qui exhorte l’ensemble des acteurs à privilégier le dialogue en vue d’un meilleur aboutissement par rapport aux objectifs poursuivis par la Coalition. Ainsi, au lendemain des échanges avec les Chefs d’Etat mandatés par la CEDEAO, la coalition a, dans une déclaration présentée à la presse, mis l’accent exclusivement sur les points de revendication obtenus à savoir la libération des personnes détenues dans le cadre des manifestations politiques, la levée de l’interdiction de manifester dans certaines villes du Nord bref, la reprise des manifestations sur toute l’étendue du territoire. Comme si la préoccupation première des Togolais c’est de manifester.

Comme si cette instrumentalisation outrancière et cette interprétation tendancieuse faite du communiqué de la facilitation ne suffisait pas, Jean-Pierre FABRE se permet de persister et de signer en déclarant que : « Si nous allons au dialogue, c’est pour discuter des conditions de départ de Faure GNASSINGBE du pouvoir ».

Sur ce point précis, doit-on dire que nous faisons injure à l’intelligence du chef de file de l’opposition en relevant que ce dernier ne retient de la Constitution togolaise qui règle l’accession au pouvoir et la succession d’un président élu, que l’article 150 relatif à la désobéissance civique ? Pas du tout, Jean-Pierre FABRE nous parait plus intelligent que ça. C’est pour cette raison que les agitations stériles auxquelles il se livre à la tête de la coalition depuis des mois et qui ne cadrent avec aucun principe de démocratie universellement reconnu, ne sauraient être assimilées qu’à des manœuvres en cours pour divertir les Togolais de l’essentiel. Il est temps pour lui de chercher une piste de sortie de ce bourbier.

C.P.

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