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Les motifs des marches à l’épreuve de la nouvelle donne

Politique : Le mirage de la révolution au Togo

Au jour d’aujourd’hui, la C14 est à la croisée des chemins. Reprendre les manifestations de rues en évoquant les mêmes motifs relève, à notre avis, d’une absurdité politique suicidaire.

La politique est, certes, un jeu. Mais ce n’est pas un jeu quelconque. Elle ne se fait pas comme tous les autres. D’ailleurs, on fait un jeu pour gagner. Lorsqu’on ne maîtrise pas les ingrédients pour l’emporter, il faut pouvoir se remettre en cause et repartir sur de bons pieds.

Malheureusement, ce n’est pas le cas en ce qui concerne la coalition des 14. A l’étape actuelle, la coalition doit travailler dans le sens d’une redéfinition des objectifs après une autocritique et agir pour briser le cercle vicieux dans lequel ses responsables se sont enfermés sans issue.

Contrairement à cette approche pragmatique, la C14, a, paradoxalement, comme si de rien n’était, initié de nouvelles marches pour le 26 janvier prochain à Lomé et dans plusieurs villes de l’intérieur, pour se relancer.

Il s’agit toujours d’exiger, comme à l’accoutumée, des réformes et obliger le pouvoir à céder à leurs exigences absurdes sans tenir compte du rapport des forces.

Pendant plus de cinq ans, FABRE, alors candidat à la présidentielle de 2015, avait fait des réformes constitutionnelles et institutionnelles un passage obligé pour sa participation à l’élection présidentielle de 2015.

Lesdites réformes n’ont pas pu se concrétiser après une soumission du projet de loi à l’Assemblée Nationale en 2014 ; mais à la surprise générale, FABRE a maintenu sa candidature crédibilisant ainsi l’élection présidentielle qui a bel et bien eu lieu à la satisfaction générale. Et il avait logiquement perdu face au candidat Faure.

La conséquence, c’est qu’il est devenu depuis, le chef de file de l’opposition. La question qu’il faut se poser, c’est de savoir pourquoi les réformes n’ont pas pu se faire entre temps en dépit du projet de loi portant réforme constitutionnelle réintroduit au parlement en septembre 2017 ? C’est-à-dire après son élection comme Député et en sa qualité de chef de file de l’opposition ?

Pour ceux qui ne le savaient pas, cet échec est dû au refus de Jean-Pierre FABRE lui-même parce qu’il avait décidé délibérément que toute réforme constitutionnelle doit aboutir impérativement au départ du Président de la République en exercice. Or, il se trouve que cette posture a suscité auparavant le débat sur la notion de la rétroactivité qui avait été vidé par le fameux Atelier sur les réformes organisé par le HCCRUN en 2016.

Dès lors, FABRE a eu toute la latitude d’organiser de nombreuses manifestations dans les rues de Lomé, de marcher à satiété pour un résultat nul.

Avec la création de la C14, les manifestations ont repris de plus bel. On a alors cru à tort que le régime de Faure GNASSINGBE était aux abois et qu’il fallait enfoncer le clou de façon drastique.

On a ainsi opté pour l’affrontement et par conséquent, les préalables au dialogue ont été posés sans ménagement.

Le mot d’ordre était simple : toute réforme qui n’aboutit pas au départ immédiat de Faure ou en 2020 n’est pas envisagée. C’est la politique de tout ou rien.

En réalité, cette façon d’appréhender les choses n’est pas défendable dans un Etat de droit parce que tout porte à croire qu’on a opté pour le dialogue dans le but de mettre les Institutions de la République entre parenthèse et parvenir au départ ou à la promesse de départ d’un Chef d’Etat légalement élu. C’est du non-sens total.

Aujourd’hui, force est de reconnaître que toutes les tentatives de contournement des Institutions de la République ont échoué. Il faut donc mieux se pourvoir et trouver des motifs plus réalistes et plus raisonnables pour organiser les marches.

En effet, si la coalition a échoué malgré sa présence à l’Assemblée Nationale concomitamment avec les nombreuses marches, à obtenir les reformes, ce n’est pas le pouvoir qui va les aider à faire partir son champion dans l’état actuel des choses.

La question des réformes relève dorénavant de la nouvelle législature qui certainement, va vider l’abcès.

Dans ce contexte, la C14 doit mieux se pourvoir. Les marches sur les mêmes thèmes relèvent d’un choix politique incompréhensible et suicidaire.

Il faut se dire la VERITE, même si parfois, elle fait mal. La C14 doit trouver d’autres raisons pour organiser des manifestations crédibles. Dans la situation actuelle, la révolution est un mirage au Togo d’autant plus que le pouvoir met tout en œuvre pour éviter une issue chaotique à notre pays. Et les Togolais ne sont pas dupes.

Rodrigue

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