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Les partis politiques et les associations au diapason et en confusion

Le piège du suivisme : L’amalgame national

Dans une démocratie, les acteurs politiques, les syndicats et la société civile se partagent parfois la tâche et se complètent.

Il va sans dire que, puisque les uns et les autres œuvrent pour l’intérêt général en l’occurrence celui du peuple, ils peuvent, de temps en temps, se coaliser pour agir momentanément en cas de nécessité mais de façon ponctuelle.

Malheureusement, au Togo, nous assistons, depuis quelques années et de façon persistante, à un scénario inédit qui veut que les mêmes hommes et femmes soient du côté des partis politiques, des syndicats et de la société civile comme s’ils ont un don d’ubiquité. Ce qui, à notre avis, est incompatible et incongru.

Dans notre pays, les hommes politiques qui se battent pour conquérir le pouvoir notamment ceux issus d’une frange de l’opposition, se comportent comme si tout le monde devrait se mouler dans leur logique et qu’ils peuvent tout se permettre alors qu’en réalité, qu’on le veuille ou pas, la démocratie qui n’est pas une originalité africaine ni togolaise, a ses règles de tolérance, de modération et d’acceptation de l’autre. Ce qui, en définitive, laisse à chacun la liberté de faire ce qui répond à sa vision dans le strict respect de la légalité républicaine.

Dans notre pays, on assiste, en revanche, à une confusion totale et déconcertante.

Quand on organise une marche ou une manifestation pour le compte des partis politiques, on retrouve les mêmes personnes que lorsqu’on organise une manifestation pour les syndicats et pour les organisations de défense des droits de l’Homme.

Nous ne voulons nommément pas pointer du doigt des individus aux multiples casquettes mais il est temps de dénoncer ces genres d’alchimie qui consistent à mobiliser la foule dans la confusion parce qu’on se sait minoritaire.

Au Togo, il est temps de mettre un terme à la stratégie de la confusion et à l’amalgame engendré par le suivisme. Nous comprenons qu’un responsable de la société civile se prononce sur un sujet précis de l’actualité politique nationale en faisant valoir sa vision des choses. Cependant, lorsque des responsables religieux mêlent la politique à leur prêche et versent dans des diatribes stigmatisant en recommandant à leur fidèle d’être de tel bord politique plutôt que de tel autre bord, il est permis de se demander s’ils n’outrepassent pas leur mission de guide moral.

On sait que l’Eglise a pour vocation d’éclairer le peuple de Dieu et ce peuple est l’espèce humaine sans distinction de race, d’ethnie ni de parti politique. C’est pourquoi les valeurs que prêche l’Eglise sont universelles. Il est donc dangereux qu’en dépit de l’humanisme et de l’équité portés par l’Eglise, des responsables religieux en viennent à donner l’image d’un prête-main disposé à semer les germes de la division et de la discrimination au sein de ses fidèles.

Par principe, l’Eglise est censée être neutre mais les faits rapportés, ces derniers temps, nous confortent dans le sentiment que la communauté religieuse risque d’être l’objet de division si ses hauts responsables ne songent pas à restaurer sa neutralité. Ceci est vrai d’autant plus que les fidèles croyants ont chacun leur appartenance politique et ce serait une réelle dérive de la part des responsables religieux de permettre aux pasteurs, aux prêtres etc. de chercher à imposer leur choix politique aux fidèles.

En tout état de cause, qu’on nous définisse la frontière entre les partis politiques, les syndicats et les organisations de défense des droits de l’Homme. Et qu’on nous nous aide à identifier clairement les animateurs de ces différents groupes et entités et le pays ne pourra que mieux se porter.

 

Julles

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