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La problématique de la crise au Togo

Tribune : Quand des acteurs politiques se fourvoient.

Durant 28 ans, l’opposition politique au Togo, dans toutes ses variantes, à savoir : (COD I, COD II, Opposition traditionnelle, FRAC, CST, CAP 2015, et la coalition des 14) a toujours évoqué la crise comme alibi pour justifier les manifestions de rues souvent émaillées de violences dans le but de contraindre le pouvoir en place à accepter le dialogue afin de parvenir au consensus pour se faire une place au soleil. C’est ce qu’on appelle au Togo et qui n’existe nulle part ailleurs, la démocratie consensuelle.

Au demeurant, cette stratégie politique se justifiait parce que, au début des années 90, une véritable chape de plomb pesait sur tous les citoyens togolais qui ne savaient plus à quel saint se vouer. Le pays avait toutes sortes de difficultés parce que la dictature était à son zénith et son géniteur, feu Président EYADEMA, paralysé par l’usure du pouvoir, avait opté pour la fuite en avant et la navigation à vue en raison de son obsession à conserver son fauteuil.

Face à cette situation chaotique, le peuple togolais, dans son ensemble et dans toutes ses diversités, avait accueilli, avec soulagement et dans la ferveur populaire, les événements du 05 octobre 1990 qui, de fil en aiguille, avaient abouti à l’organisation de la Conférence Nationale maladroitement et précipitamment transformée en Conférence Nationale Souveraine. C’était le premier couac.

En vérité, la Conférence Nationale devrait normaliser notre pays et conduire à une démocratie apaisée comme ce fut le cas chez notre voisin de l’Est (Le Bénin).

Malheureusement, l’opposition togolaise au cours de cette rencontre nationale historique, a délibérément cherché à hystériser le débat politique et à se servir de cette opportunité pour prendre le pouvoir au lieu d’œuvrer pour créer un rapport de forces favorable à la cause des Togolais.

Ces premiers faux pas ont fait que l’opposition a gaspillé tous les atouts cumulés pendant les périodes des manifestations populaires d’avant la Conférence Nationale.

Et très vite, on a recommencé à parler de crise parce que les sanctions imposées à l’époque à notre pays pour cause de déficit de démocratie ont été maintenues par la Communauté internationale jusqu’au décès du Président EYADEMA, le 05 Février 2005, en dépit des 22 engagements pris par le Gouvernement à Bruxelles comme gage  pour sortir de la crise.

Le décès subit du Président EYADEMA avait exacerbé la crise et très vite, son successeur, Faure GNASSINGBE, a pris la mesure du péril et du risque de l’inertie. C’est ainsi qu’il a fait des concessions qui ont permis l’ouverture du dialogue national sous l’égide Me AGBOYIBO. Mais, comme les Togolais ne croient jamais en eux-mêmes, le dialogue a été déplacé finalement au Burkina, parce que placé, d’un commun accord, sous la férule du Président COMPAORE.

Avec l’Accord politique Global (APG) signé en 2006, on a cru voir le bout du tunnel. C’est aller trop vite en besogne. L’UFC d’alors toujours en pole position et pour des raisons inavouables propres à ses responsables, avait choisi de jeter du sable dans la farine, en refusant de participer au Gouvernement d’Union prévu par l’Accord pour la mise en œuvre des recommandations.

En raison de cette défection, le Gouvernement d’Union devenu bancal n’a pu réussir qu’une mise en œuvre partielle dudit Accord.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’UFC et ses partisans, avant l’implosion du parti, n’ont jamais cessé de se prévaloir, par la suite, de la crise pour poser des actes antidémocratiques et parfois illégaux malgré le redressement spectaculaire du pays sous la direction de Faure GNASSINGBE.

Il est plus honnête de mettre à l’actif de Faure GNASSINGBE des progrès significatifs comme par exemple, le fonctionnement sans heurt de toutes les institutions de la République, le redressement de l’économie, la réalisation des grands travaux de développement (infrastructures, agriculture, éducation, culture etc.). Même le budget qui était de 227 milliards  de frs CFA en 2005, est passé aujourd’hui à plus de 1.400 milliards alors que le pays n’est pas producteur de pétrole ni d’aucune autre ressource minière importante, à part le phosphate depuis l’indépendance.

Les événements du 19 Août 2017 initiés par le PNP, un parti atypique qui utilise des méthodes très discutables fondées en partie sur la religion, sur l’ethnicisme et qui caresse des rêves terroristes, a été un détonateur explosif qui a abouti, grâce à l’alliance contre nature entre Tikpi ATCHADAM et Jean-Pierre FABRE, à la création de la coalition des 14 partis. Ce groupe de partis a opté pour l’usurpation pure et simple et la prise en otage de la démocratie en privant les autres partis de leurs droits.

En effet, en voulant bâillonner et réduire en quantité négligeable la centaine de partis politiques légalement reconnus sur la scène nationale, pour se positionner en unique interlocutrice du pouvoir, la coalition a péché. C’est cela qui fait dire que le Togo est un pays paradoxal où ceux qui prétendent se battre pour la démocratie sont ceux-là qui excluent les autres partis et leur dénie le droit d’exister et d’agir. En cherchant désespérément à marginaliser tous les partis qui n’adhèrent pas à l’idéologie de la coalition, en l’occurrence la pensée unique, force est de reconnaître que cette coalition en délicatesse avec les principes de base du vivre ensemble, met en péril les fondements de la démocratie et, par ricochet, le socle même de la République.

Lorsqu’on sait que la coalition a choisi d’appliquer la logique des sauts d’obstacles, une sorte de parcours fait de surenchères qui consiste à susciter pour rien, des polémiques à l’infini avec pour conséquence des blocages à chaque étape, on comprend vite que nous sommes en face d’un saupoudrage permanent caractérisé par un pillage de l’histoire.

Après avoir tenté, en vain, de provoquer l’effondrement de l’économie nationale, FABRE revient à la charge pour demander aux Togolais de ne pas se faire recenser. Ce qui constitue une grave atteinte à la citoyenneté et à la dignité des Togolais. La première phase du recensement en cours a prouvé que l’appel de FABRE est un acte politique incorrect parce que les Togolais n’ont pas suivi son mot d’ordre.

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on peut ne pas avoir été un symbole de l’engagement politique, mais s’engager autrement en tant que citoyen, pour faire avancer les choses. Car, à défaut de la révolution, nous pouvons opter pour l’évolution. C’est cette mutation que la coalition s’obstine à ne pas faire. En définitive, ce n’est pas ce que la coalition dit qui importe. C’est ce que la coalition fait qui compte. Et chacun doit savoir raison garder.

Au Togo, la polémique est récurrente et le surplace pénalisant. On oublie tout simplement que si la parole est une arme redoutable de combat, elle est à double tranchant.

Réfléchissons un peu et nous comprendrons qu’il n’existe pas au Togo une crise comme on le suppose, puisque celle dont on nous rebat les oreilles n’est ni institutionnelle, ni politique, ni économique, ni sociale.

Parlons plutôt d’une CRISE de confiance liée à la psychologie des hommes puisque parmi ceux qui aspirent à conquérir le pouvoir, il y en a qui a subi des traitements psychiatriques au Togo et une cure de désintoxication à Glasgow en ECOSSE.

Allez savoir ce qui peut se passer dans la tête des hommes politiques malades et tout sera clair.

Lucien MESSAN

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