Nation Politique

Le sens de la pression de l’opposition

Les marches pour le changement : Les incohérences et les inconséquences

En remontant au 05 octobre 1990, on constate que l’opposition togolaise a raté le coche à cause de ses incohérences et de ses inconséquences pour avoir voulu une chose et son contraire à la fois.

En faisant des marches le seul moyen d’obtenir le changement politique au Togo, la preuve est définitivement faite que FABRE et les siens ont échoué dans leur tentative de prendre le pouvoir à la hussarde.

Et pour s’en sortir, FABRE, le marcheur impénitent, a toujours tenté naïvement de faire croire que le rapport de force est en sa faveur parce qu’il s’imagine qu’il incarne les aspirations profondes du peuple togolais, un peuple qu’il n’a jamais appris à connaître et qu’il méprise au contraire.

Quand on est né à Lomé, à Kodjoviakopé où on a grandi avant de se rendre en France, on ne saurait prétendre connaître un peuple comme le Togo dont on ne cerne pas les contours sur le plan historique, sociologique, culturel voire politique.

En politique, comme dans toutes choses que l’on entreprend, la finalité doit être conçue comme principe interne de direction. Et lorsqu’on accepte d’aller au dialogue pour discuter de l’avenir d’une nation, il faut, avant tout, chercher les points d’équilibre et de convergence.

Au Togo, c’est tout le contraire. On choisit d’aller au dialogue et on déclare que c’est pour discuter des conditions de départ de celui qui est au pouvoir et qui est l’interface.

Dans le même temps, on demande à celui-là qui est au pouvoir de libérer des prévenus détenus dans le cadre de l’affaire criminelle des incendies des grands marchés dans laquelle on est soi-même impliqué. Incohérence et inconséquence.

Il est aussi et également incohérent et inconséquent de crier sur tous les toits que les marches ne cesseront pas parce qu’elles constituent une pression au bon déroulement du dialogue. On annonce que l’on met la pression sur son adversaire politique pour atteindre son propre objectif.

La trame d’une bonne démocratie se trouve ailleurs et non dans l’incohérence.

L’opposition qui refuse de rencontrer le chef du Gouvernement sous prétexte que dorénavant, tout doit se faire devant le facilitateur ghanéen est inconséquente.

Doit-on comprendre que le Togo est le pays qui a le plus de problèmes dans la sous-région ?

Voici déjà plus de 30 ans que les régimes successifs au Sénégal sont en but à une guerre civile ouverte et larvée dans la région de la Casamance. Là-bas, c’est les fils d’un même pays qui se battent sur leur propre terre.

On voit mal un Macky SALL demander à Faure de quitter le pouvoir parce que son pays est en crise alors qu’il y a la guerre chez lui. Le Gouvernement du Mali est en guerre contre les propres fils du Mali. N’eût été l’intervention française, le Mali ne serait plus ce qu’il est aujourd’hui. La Guinée Bissau patauge dans une crise politique inextricable depuis de nombreuses années.

Et pourtant, personne ne marche dans les rues pour exiger le départ d’un Président.

C’est à ne rien comprendre.

C’est à ce niveau qu’il faut chercher l’irrationalité par rapport aux manifestations dans notre pays où on veut créer de toutes pièces une crise pour s’en servir comme alibi. Et le grand Nigéria dans tout ça ? Avec son Boko Haram ? Le pays n’est-il pas en crise ?

Il y a chez nous, un stéréotype politique qui nous conduit inexorablement dans l’impasse parce que nous nous prenons pour le nombril du monde et nous noircissons l’image de notre pays.

Difficile d’y voir clair.

Le pouvoir a préconisé un référendum pour trancher le problème. A notre connaissance, ce n’est pas une option abandonnée.

Si le dialogue aboutit, c’est tant mieux. A défaut, la seule alternative, c’est le référendum pour permettre au peuple de trancher.

Pour nous, nous préférions être du bon côté de l’histoire.

 

Rodrigue

 

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