Politique

Le temps de la vérité : L’art de faire du surplace

FABRE face à FABRE, c’est l’échec au final.

Le temps de la véritéDepuis que le décret d’application de la loi portant statut de l’opposition a été signé et que FABRE est officiellement entré dans le manteau de chef de file de l’opposition, le président de l’ANC tourne à vide puisque son première handicap c’est sa propre posture politique figée. Pour résumer notre opinion, disons que FABRE est désormais face à lui-même. Il est ainsi enfermer dans un cercle vicieux qu’il est incapable de briser. C’est donc l’impasse.

De tout temps, Jean-Pierre FABRE a privilégié la surenchère dans sa démarche politique. Il avait fait de l’amalgame son crédo. Il a toujours cru que la démagogie et le populisme exacerbés sont les meilleures recettes pour déstabiliser l’adversaire politique.

Aujourd’hui, il a atteint ses limites. Il doit se normaliser. Mais, il n’est pas capable de faire le saut qualitatif qui devait être son salut. Il ne peut pas parce qu’il a peur de prendre des risques. Il ignore qu’en politique tout peut se jouer sur un coup de dé.

Nous assistons ainsi à un combat inégal entre un homme d’Etat froid, calme et pondéré qui nourrit beaucoup d’ambitions pour son pays, le Président Faure GNASSINGBE puisque, c’est de lui qu’il s’agit, et un politicien au discours enflammé très narcissique qui adopte en permanence une posture électoraliste quitte à s’enfermer dans un isolement suicidaire.

Dans un pays comme le nôtre, l’identité plurielle et la mixité doivent être une richesse voire un atout majeur. Malheureusement pour FABRE qui se considère comme le nombril de l’opposition, l’Alpha et l’Oméga, cette situation lui laisse croire qu’il est supérieur aux autres.

Le chef de file de l’opposition aime se présenter comme celui qu’il n’est pas. Il n’a aucun amour pour le Togo et cultive un complexe de supériorité qui lui joue souvent de vilains tours, à son insu.

A l’occasion de la commémoration du 56 ème anniversaire de notre indépendance, FABRE, dans un élan dichotomique, a prononcé un discours que nous avons lu avec dépit.

Certes, le discours, par son caractère essentiellement critique, démontre que FABRE est dans son rôle d’opposant qui ne reconnaît aucun mérite à son adversaire, le Président Faure GNASSINGBE. Ce qui en revanche, est déroutant, c’est que ce discours n’est que la compilation des nombreuses revendications de l’opposition depuis la signature des 22 engagements que son parti d’alors, l’UFC avait allègrement boycottée. FABRE ne voit pas le temps passé et n’a ni le sens du recul ni d’adaptation.

Au jour d’aujourd’hui, la plupart de ces revendications sont obsolètes parce que dépassées et battues en brèche par les événements.

La décentralisation et les élections locales sont de vieilles revendications adaptées au goût du jour. Tôt ou tard, avec ou sans FABRE, cette réforme est un passage obligé. Il ne faut donc pas en faire un abcès de fixation pour la démocratie.

Lorsqu’on est un opposant sérieux, on ne doit pas se contenter des généralités et des « ressassements » pour amuser la galerie.

FABRE parle de la corruption en faisant toujours référence aux propos du Chef de l’Etat qui avait eu le courage de dire publiquement « qu’une minorité s’est accaparée des ressources du pays ». Ce n’est pas suffisant pour un opposant. A sa place, nous irions plus loin pour publier un mémorandum réquisitoire pour mettre   en évidence des faits précis pour confondre le pouvoir.

FABRE ne veut pas et ne peut pas se normaliser. Autrement, il ne passera pas son temps à diviser les Togolais avec ses discours haineux fondés sur le rejet de l’autre.

  1. FABRE père a été un colon impitoyable qui a malmené les Dahoméens en son temps. Mme FABRE mère a été une éminence grise de l’UNFT aile marchante du RPT. Et pourtant personne n’accuse Jean-Pierre lorsqu’il revendique l’héritage « ABLODE » qui en réalité était le slogan de guerre du CUT qui était à l’époque un parti comme les autres notamment le Progrès. ABLODE n’était pas un héritage de la République mais appartient à un parti politique.

On s’étonne de constater que FABRE passe son temps à accuser Faure d’être le fils de son père comme s’il y a un délit de filiation. Un politicien qui ne change pas de discours est condamné à périr politiquement. L’exemple le plus proche pour illustrer cette affirmation, c’est le combat entre Jean-Marie LE PEN et sa fille en France. Le père refuse de changer et la fille l’a bouté hors. On ne peut pas promettre le changement sans changer soi-même.

FABRE doit sortir des sentiers battus et soigner son discours pour attirer de nouveaux sympathisants. Autrement, il signe sa propre fin politique.

L’honnêteté intellectuelle et morale commande de reconnaître que ce que Faure a réussi avec UNIR en 11 ans n’est en rien comparable à ce que le RPT a fait durant toute son existence pendant des décennies. Nous ne nions pas que beaucoup reste à faire. Nous n’encensons pas Faure que nous avons l’habitude de mettre souvent en garde à cause de la propension de ses proches à confondre vitesse et précipitation dans la gestion de l’Etat.

Les difficultés que rencontrent les Togolais sont une évidence que nous ne cherchons pas à escamoter. Mais, en comparaison de ce qui se passe autour de nous dans les pays voisins, nous estimons que nous ne sommes pas le dernier de la classe. Nous voulons être en tête de liste, mais il n’est pas encore tard

Actuellement, le premier problème politique de notre pays reste l’absence d’une opposition crédible. L’opposition dont FABRE se prévaut n’est qu’une vue de l’esprit. Lorsque des hommes politiques passent leur temps à abandonner la proie pour l’ombre, il y a péril en la demeure.

Nous n’avons pas de conseil à donner à FABRE, un homme qui aime s’entendre parler. Nous savons seulement que le problème de FABRE c’est FABRE lui-même. Dans ce jeu, c’est l’échec au final. C’est triste parce que FABRE, chef de file de l’opposition c’est en vérité une injure à l’intelligence de tous les Togolais dignes de ce nom parce que notre pays regorge de compétences et de valeurs sûres. Il est incompréhensible que nous en soyons réduit à accepter la médiocrité comme si nous n’avons pas d’autres choix.

Rodrigue

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