Politique

Togo, une étrange dictature

Politique : La spécificité politique de notre pays

Parlons du Togo, de son passé, de son présent pour entrevoir ou envisager son avenir. C’est notre devoir de Togolais de pousser la réflexion le plus loin possible dans cette direction.

Nous ne vivons pas sous l’emprise d’une dictature pure et dure, mais sous le joug d’un système unique, inavoué qui gère la politique et l’exploite au détriment du grand nombre. Cette dictature sans dictateur n’aspire pas en réalité à prendre le pouvoir, mais à avoir tout pouvoir sur ceux qui le détiennent et même au-delà. Nous voulons démontrer que ce n’est pas ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir qui empêchent la marche en avant de notre pays notamment en ce qui concerne les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Au contraire, c’est ceux qui sont dans l’opposition qui s’investissent corps et âme pour dresser des obstacles et maintenir le statu quo afin de se servir de cette situation comme alibi à leur aventure machiavélique de conquête du pouvoir.

Ainsi, chaque jour, nous assistons au fiasco de cette opposition irréaliste. Chaque jour, la stratégie d’obstruction mise en place par l’opposition depuis la Conférence Nationale Souveraine, fondée sur le fantasme et le dogme, démontre son incapacité à se gérer elle-même, à contrôler ce qu’elle suscite et à maîtriser ce qu’elle déchaîne. Au point que ces initiatives si cruelles pour l’ensemble des populations en viennent à se retourner contre elle-même par des effets boomerang, tandis qu’elle se montre impuissante à rétablir un minimum d’ordre dans ce qu’elle persiste à imposer pêle-mêle.

D’où vient que ses activités puissent être poursuivies avec la même arrogance, que son pouvoir si caduc aille s’affermissant et que se déploie toujours davantage son caractère hégémonique. D’où vient, surtout, que nous ayons l’impression croissante de vivre piégés au sein d’une emprise fatale, si puissante qu’il serait vain de la mettre en question, futile de l’analyser, absurde de s’y opposer et délirant de seulement songer à se dégager d’une telle omnipotence réputée se confondre avec notre histoire. D’où vient que nous ne réagissons pas au lieu de céder, même d’acquiescer en permanence, tétanisés, comme pris dans un étau,  environnés de forces coercitives diffuses qui saturaient tout le territoire, ancrées, indéracinables et d’ordre naturel et qui enfin, le moment venu passent à l’acte pour semer la terreur ?

Il serait temps de nous éveiller, de constater que nous ne vivons pas l’empire d’une fatalité, mais plus banalement sous une stratégie politique définie par un groupe d’hommes incarné par Jean-Pierre FABRE, puisque c’est de lui qu’il s’agit, depuis le début du processus démocratique. Cette stratégie opérationnelle non déclarée s’est installée au vu mais à l’insu de tous, non pas clandestinement mais insidieusement, anonymement, d’autant moins perçu que son idéologie évacue le principe même du politique et que sa puissance n’a que faire du pouvoir et de ses institutions.

Comme nous l’avons souligné au début de ce focus, pour faire taire les récriminations de l’opposition, l’histoire récente de notre pays doit être revisitée, décryptée pour éviter aux uns et aux autres de se prévaloir de leurs propres turpitudes.

Lorsque nous parlons de l’opposition, nous voulons être explicite. Il s’agit d’abord de l’UFC sous le contrôle de FABRE et aujourd’hui de l’ANC, toujours sous l’emprise de ce dernier.

En effet, FABRE, sans être au pouvoir, cherche à exercer une étrange dictature sur toute la classe politique en dictant sa loi aux autres partis de l’opposition qu’il traite avec mépris et dont les opinions sont balayées d’un revers de main.

Cette façon de procéder a fait dire à un Togolais lucide qu’il préfère la dictature militaire à la dictature de la pensée unique, la pire des dictatures.

De ses rapports avec le pouvoir, il y a lieu de retenir que FABRE n’accepte une idée que lorsque celle-ci épouse ses vues. Quant FABRE écrit une lettre au Président de la République pour une audience, il publie d’abord la lettre sur les réseaux sociaux. Pire, la teneur de sa lettre est synonyme d’ultimatum. C’est à prendre ou à laisser. A l’Assemblée Nationale, lui et ses Députés poussent des cris d’Orphée au lieu de faire des propositions constructives, concrètes en menant un débat responsable.

La spécificité togolaise en politique c’est que la dictature s’exerce à l’envers. Qu’est-ce à dire ? Il est notoire que FABRE et les siens ne ratent aucune occasion pour dénoncer le caractère dictatorial, répressif et discriminatoire du régime Faure, héritage du régime EYADEMA selon leur entendement. Pour eux, il n’existe aucune nuance.

Mais, le tout n’est pas de dénoncer. Car une question essentielle mérite d’être posée : entre Faure GNASSINGBE et Jean-Pierre FABRE, lequel des deux est dictateur et qui cherche en permanence à imposer sa vision à tous les autres sans faire de quartiers ?

Pour répondre à cette question, il faut savoir que tous ceux qui connaissent les deux hommes et qui les ont approchés n’hésiteront pas à pointer du doigt FABRE. Et Dieu sait qu’au Combat du Peuple, nous connaissons les deux hommes.

Le Togo est un pays où il fait bon vivre, une réalité ignorée par FABRE et ses laquais à cause de leur masochisme.

Dieu a créé l’homme avec une finalité. Les hommes ont créé l’argent et oublient pourquoi ils sont sur la terre. Et ils courent derrière ce qu’ils ont créé en criant tous les jours qu’ils ont faim. En vérité, ils trouvent à manger, mais ils ont faim de l’argent parce qu’ils sont insatiables.

Au Togo, nous pouvons résister à cette étrange dictature qui exclut un nombre toujours croissant d’entre nous, mais garde, c’est là le piège et surtout notre chance, des  formes démocratiques. Car, le véritable enjeu reste l’avenir de la liberté. Nous devons toujours nous interroger sur comment préserver le chemin de la liberté. Là se tient le vrai défi sur lequel nous ne devons pas nous aveugler. Et dont dépend notre avenir et notre vivre ensemble.

Rodrigue

 

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