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Vers l’interdiction de l’usage du téléphone portable par les élèves en milieu scolaire

Le revers du progrès : Les réseaux sociaux sources d’addiction

A la veille de la rentrée scolaire effective depuis le 24 septembre 2018, le Ministre des Enseignements primaire et secondaire et de de la Formation professionnelle, le Prof. Komi Paalamwé TCHAKPELE, a délivré un message à l’endroit de tous les acteurs de l’éducation. Il a essentiellement invité les uns et les autres à plus d’engagement et à redoubler d’effort afin d’aboutir à de meilleurs résultats à la fin de l’année scolaire. Néanmoins, il nous semble indiqué de revenir sur un aspect non négligeable de son message qui a, entretemps, fait couler beaucoup d’encre et suscité, à tort ou à raison, des débats sur les médias. Il s’agit de l’effectivité de l’interdiction de l’usage des téléphones portables par les apprenants à l’école à partir de janvier 2019.

Pour notre part, il s’agit d’une mesure salutaire au regard des dérives constatées par-ci et par-là par la faute de l’utilisation des réseaux sociaux dans l’enceinte des établissements scolaires.

Il serait fastidieux de revenir ici sur les dévoiements des élèves qui ont du mal, la plupart du temps, à faire la part des choses entre la distraction à laquelle ils se livrent sur leurs terminaux mobiles et la capacité de concentration que requiert leur cerveau pour appréhender le contenu des cours qui leur sont dispensés en classe. Et ce ne sont pas les enseignants qui ont tenté, en vain, de les rappeler à l’ordre qui nous démentiront. Tout se passe désormais comme si dans certaines écoles, l’utilisation des portables dont on ne saurait démentir l’utilité, a pris le pas sur l’essentiel notamment l’acquisition des connaissances.

Ce phénomène qui n’est pas propre au Togo mérite d’être, un tant soit peu, refréné. D’où la nécessité de la mise en œuvre de cette mesure envisagée par le Gouvernement afin de limiter les dégâts causés par l’utilisation addictive des réseaux sociaux via les téléphones portables sur la santé mentale des élèves. En effet, plusieurs études scientifiques relèvent, ces derniers temps, des problèmes plutôt inquiétants sur le bien-être psychologique des personnes addictives aux réseaux sociaux en l’occurrence les jeunes. Cette assertion d’un auteur « les médias sociaux impactent la sociologie et la psychologie plus que la technologie » en dit long. Cependant, force est de constater que très peu d’utilisateurs s’en soucient. D’où la nécessité d’interpeler sur le degré de nuisance des réseaux sociaux.

Utiliser les médias sociaux représente une des activités les plus pratiquées par les jeunes d’aujourd’hui. Une étude réalisée en Occident démontre que l’utilisation de l’internet a augmenté depuis 2006 surtout dans les familles avec les enfants. 70% des jeunes âgés entre 16 et 24 ans envoient des messages à des forums de discussion, des blogs, des réseaux sociaux tels que Facebook et WhatsApp. Des études de ce genre n’ont pas été menées dans notre milieu mais tout porte à croire que le danger réel que représente les médias sociaux, vient de l’utilisation que les jeunes en font et surtout de la fréquence.

Il s’est avéré, au fil des années, que l’utilisation des médias sociaux dès l’adolescence aurait un effet bénéfique en améliorant la communication ainsi que les liens sociaux et même les compétences techniques. Les médias sociaux feraient même partie du processus de socialisation. De plus, les apprenants ont de belles opportunités d’apprentissage et d’échanges d’idées, car les médias sociaux permettent de collaborer à distance.

À l’aide de ces réseaux, les élèves ont la chance d’apprendre autrement. Dans les pays où l’internet s’est entièrement implanté, plusieurs écoles utilisent des blogues ou des pages web comme outil d’enseignement. Il faut ajouter à cela le fait qu’ils ont accès à l’information plus rapidement. Comme on le voit, il y a plusieurs effets bénéfiques sur les apprentissages des jeunes via les réseaux sociaux à l’instar du développement de la créativité ou des expressions écrites.

Les avantages offerts par les réseaux sociaux sont, certes, nombreux mais il n’en demeure pas moins vrai que l’utilisation de ces moyens de communication comporte des risques réels. Le premier revers est que les réseaux sociaux nous transportent dans un monde d’instantanéité. Les adolescents d’aujourd’hui en veulent toujours plus et le plus rapidement possible et ne savent parfois pas se limiter. Lorsqu’on parle de dépendance, on pense souvent à la drogue ou à l’alcool, mais on entend, de plus en plus, parler de dépendance aux réseaux sociaux. Il faut désormais aussi prendre en compte le fait que la vie privée peut souvent être atteinte, car les jeunes ne sont pas assez vigilants sur les photos, les messages et les vidéos qu’ils publient. En effet, il faut être très alerte, car, une fois publiées, ces publications ne pourront plus être effacées. Ceci peut surtout causer des problèmes aux jeunes qui se chercheront des emplois plus tard.

Whatsapp est une messagerie instantanée, récemment rachetée par Facebook et se révèle comme un outil de communication hors pair. Facile d’utilisation, Whatsapp s’est rapidement intégrée dans la vie des enfants, adolescents ou plus jeunes presque toute la jeune génération est emballée. Généralement, la population la plus touchée par cette addiction se situe dans la tranche d’âge de 15 à 45 ans. Mais, le vrai problème avec Whatsapp, c’est le fait que la messagerie soit instantanée et aliénable. Toujours connecté, on doit suivre le fil des discussions. Des messages qui pleuvent à la minute et auxquels il faut répondre. Mauvais partage de données personnelles et partage de contenus pas toujours instructifs. Bref, aucune sécurité dans l’utilisation de cet outil de communication. Parfois, la dépendance va jusqu’à l’oubli de soi-même. C’est le cas des personnes qui sont scotchés à leurs smartphones alors qu’ils se promènent dans la rue ou au volant de leur véhicule. Ce qui rend la vigilance des conducteurs automobiles difficile et met leur propre vie en péril. Ils deviennent tellement intéressés par l’application qu’ils oublient tout le reste.

Voici quelques suggestions pour se défaire peu à peu de l’utilisation abusive de certains réseaux sociaux : retirer l’icône de l’écran d’accueil (moins on la voit, moins on l’utilise), désactiver les notifications (permettra d’éviter de regarder le téléphone pour toute notification sur la nouvelle arrivée d’un message et libérera votre esprit),  répondre tardivement aux messages pas si urgent, arrêter le transfert des messages inutiles, ne pas se préoccuper de son image sur ces réseaux au point d’en devenir obsédé.  Cela donnerait un peu de temps pour faire d’autres choses significatives dans la vie.

En guise de conclusion, les réseaux sociaux doivent être utilisés avec attention et parcimonieusement, car ils peuvent causer de nombreux problèmes et pourraient aussi éloigner les adolescents de la réalité. Mais, ils peuvent aussi être un excellent moyen pour communiquer, pour recevoir ou apprendre de l’information très rapidement. Il faut pouvoir faire la part des choses.

Julles

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